Chasse au phoque
Équipement, techniques et produits
(i) Équipement – La méthode la plus commune pour abattre les jeunes phoques du Groenland consistait à leur donner un violent coup à la tête avec un instrument contondant. Au début, le croc de marinier, aussi appelé gaffe, aidait les hommes à se déplacer sur la banquise et en particulier à traverser les passages entre les glaces; le bout arrondi de la gaffe était utilisé pour fracasser les crânes des blanchons. Durant les années 1960, des gourdins de bois ont remplacé les gaffes. De tout temps, c'est au fusil qu'on a abattu les phoques adultes, plus difficiles d'approche.

(ii) Écorchage – Les phoques étaient écorchés au couteau. Il s'agissait d'enlever la peau (soit la graisse, le cuir et les nageoires avant) de chaque carcasse en évitant d'endommager la fourrure.

(iii) Halage – Un filin de halage, généralement de trois à cinq mètres de long, terminé par un crochet de fer ou d'acier, faisait aussi partie de l'équipement essentiel des chasseurs de phoques, surtout durant les phases préliminaires de la campagne.

Les peaux étaient halées immédiatement sur le navire ou entassées sur la glace à des lieux de stockage désignés pour être recueillies plus tard. Si le temps le permettait, ces amas étaient regroupés et empilés les uns sur les autres.


(iv) Arrimage – Après leur embarquement sur le navire, les peaux étaient entreposées sur le pont, poil contre poil et graisse contre graisse, de manière à éviter de salir les fourrures. Elles restaient sur le pont jusqu'à ce qu'elles soient congelées, pour éviter que la graisse se répande et se gâte, puis étaient empilées dans la cale.

Produits
(i) L'activité de subsistance devient une activité commerciale – Le phoque fournissait déjà de la nourriture, de l'huile, des vêtements et une gamme d'autres articles essentiels aux premiers habitants de Terre-Neuve et du Labrador. L'avènement d'une chasse au phoque commerciale à grande échelle a contribué pour beaucoup à leur survie économique dans leur cycle annuel d'activités saisonnières.
(ii) Huile – À l'origine, l'huile extraite de sa graisse était le produit du phoque le plus important du point de vue commercial. On s'en servait pour l'éclairage domestique et public, pour la fabrication du savon, pour le corroyage (assouplissement) du cuir et dans l'industrie textile. Elle est aujourd'hui exportée pour être transformée en lubrifiants de machines, en produits oléagineux comestibles et en cosmétiques.
(iii) Peaux – Une fois débarrassées de la graisse et de la viande, les peaux de phoque étaient expédiées outremer pour servir à la fabrication de toutes sortes d'articles qui, à la différence de l'huile, n'ont toujours pas été remplacés par des produits modernes. En valeur économique, les peaux ont donc supplanté l'huile vers la fin du 19e siècle. De nos jours, elles servent surtout à la confection de vêtements (manteaux et vestes) et d'accessoires (sacs à main et ceintures).
(iv) Viande – La viande de phoque n'a jamais eu l'importance commerciale de l'huile ou des peaux. Il n'en demeure pas moins qu'on la consomme à grande échelle dans la région de l'Atlantique, même si c'est surtout à Terre-Neuve-et-Labrador qu'on peut en acheter, fraîche ou surgelée. Plus récemment, divers efforts ont été déployés pour élargir ce marché, avec des produits comme les saucisses et les garnitures de tartes et de pizzas.