Les Français à Terre-Neuve
La pêche internationale au XVIe siècle

Le conflit franco-anglais

La pêche par les Français au XVIIe siècle

La pêche par les Français au XVIIIe siècle

Plaisance
La garnison de Plaisance

Fort militaire

Attaques anglaises

Population de Plaisance

Habitants-
Pêcheurs


Les pêcheurs-
engagés


L'Économie





La guerre entre la France et l'Angleterre encourage le développement de structures administratives.

Deux des caractéristiques les plus significatives du régime français à Plaisance ont trait à la viabilité économique de la colonie.

Avec le Traité d'Utrecht, l'autorité française à Plaisance prend fin.
Historique de Plaisance

Au début du 17e siècle, il y a déjà près de 200 ans que les pêcheurs européens fréquentent les bancs de morue de Terre-Neuve. En fait, dès le 16e siècle, les pêcheries deviennent une activité économique internationale. Les Portugais, les Français, les Normands, les Espagnols et les Anglais ont donc le temps de se familiariser avec le littoral de l'île, dont la baie de Plaisance. Ce sont les Basques qui fondent Plaisance, nommé ainsi en l'honneur d'une ville d'Espagne.

Placentia Plaisance au 20e siècle
La photo est une gracieuseté de John de Visser. Elle provient de l'ouvrage publiée par Harold Horwood et John de Visser, Historic Newfoundland (Toronto : Oxford University Press, ©1986).
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L'existence de ce havre comme refuge pour les pêcheurs de France est donc déjà connût en 1658 lorsque la métropole nomme Nicolas Gargot, premier gouverneur de Plaisance. De nombreux avantages poussent la France à occuper formellement ce poste de pêche pour mieux concurrencer les Anglais. L'endroit est libéré des glaces tôt au printemps et l'activité y débute plus rapidement que dans les baies du sud. C'est aussi un endroit où il est possible de se réfugier en allant ou en revenant du Canada, de l'Acadie, des colonies anglaises ou des Antilles par exemple. L'établissement d'une garnison permet donc aux pêcheurs de poursuivre leurs activités en plus grande sécurité dans les havres avoisinants comme Grand Burin, Saint-Laurent, Mortier et Chapeau Rouge. Malgré la petite taille des garnisons qui séjournent à Plaisance au cours de son histoire, les soldats et les corsaires français réussissent à tirer leur épingle du jeu face aux nombreuses attaques anglaises. L'histoire militaire de la colonie est marquée par deux conflits majeurs qui font rage à la fois en Amérique et en Europe : la Guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697) et la Guerre de Succession d'Espagne (1702-1712).

Parapet entourant Fort Royal.
Photo par Edward Power. Reproduite avec la permission du ministère de l'Éducation, gouvernement de Terre-Neuve et du Labrador, ©1982.
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Parapet entourant Fort Royal

L'histoire de Plaisance se divise en quatre étapes : de 1662 à 1670 ce sont les débuts difficiles, de 1670 à 1690 la colonie prend de l'importance avec la présence d'administrateurs coloniaux, de 1690 à 1702, la colonie se développe à tous les points de vue alors que durant la période 1702-1713 c'est à la fois une période difficile économiquement et politiquement. La période 1689-1697 est particulièrement importante puisque la guerre d'Augsbourg incite la France à mettre en place de nouvelles structures administratives. À compter de 1689 arrivent les premiers civils qui forment une petite administration à côté du gouverneur. En 1700, la colonie compte au moins quatre fonctionnaires et devient une composante coloniale à part entière de la Nouvelle-France à côté du Canada et de l'Acadie. Malgré sa petite population et sa courte existence, Plaisance est plus qu'un simple fort militaire pour les navires français, mais aussi une colonie à part entière dont l'économie repose entièrement sur la pêche à la morue et le commerce. Les activités de pêche sont partagées entre les navires métropolitains et les habitants-pêcheurs, qui embauchent des pêcheurs-engagés venant de France à chaque année. Un certain nombre d'habitants-pêcheurs deviennent marchands et parfois même corsaires.

L'histoire de Plaisance est également imprégnée par deux grandes caractéristiques que partagent les autres colonies françaises de l'époque soit l'implication des administrateurs dans les activités commerciales de la colonie et le coût élevé des marchandises venant de France. Les navires marchands métropolitains qui viennent à Terre-Neuve désirent réaliser d'importants profits, et ramener une bonne cargaison de morue sèche. Détenant le monopole de l'approvisionnement auprès des habitants-pêcheurs, ils exigent parfois des prix exorbitants. Bien qu'à compter de 1706 environ, Plaisance retire une large portion de son approvisionnement annuel de Québec, les produits de la Nouvelle-Angleterre sont bien présents dans la colonie et s'obtiennent à meilleur prix que ceux de France. Des marchands de Boston peuvent se rendre à Plaisance de 3 à 4 fois par année contrairement à parfois une seule visite des métropolitains français. Ce commerce illicite existe déjà en 1676 et se prolonge au-delà de 1690, évitant probablement la ruine de la colonie. La deuxième grande caractéristique de Plaisance, qui existe néanmoins ailleurs dans l'Empire français, touche l'implication des fonctionnaires dans le commerce. La quasi majorité des fonctionnaires et officiers de la colonie s'intéressent à la pêche et au commerce.

Jean Baptiste Colbert, 1619-1683.
Jean-Baptiste Colbert, contrôleur général des finances sous Louis XIV, encourage l'établissement français de Plaisance afin de renforcir la présence française dans les pêches Terreneuviennes et consolider la présence française au Nouveau Monde.
Courtoisie de la Division de l'Art photographique et documentaire, Archives nationales du Canada, e-006325.
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Jean Colbert

De par le traité d'Utrecht de 1713, Plaisance est cédé à l'Angleterre et ses habitants français peuvent choisir de retourner en France ou de s'installer dans la nouvelle colonie française de l'île Royale. Au printemps de 1714, le gouverneur de Plaisance commence à organiser les départs. À part quatre ou cinq individus qui deviennent sujets anglais, les habitants optent majoritairement pour le Cap-Breton. À l'aide de trois navires du Roi et de navires marchands, la population est transportée au site futur de Louisbourg. On parle d'un groupe comprenant 116 hommes, 10 femmes et 23 enfants. Dans la nouvelle colonie, ces familles d'habitants-pêcheurs reçoivent des droits de propriété gratuits, comparables à ceux qu'ils abandonnent à Plaisance.

© 2000, Nicolas Landry.


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