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Les explorateurs
John Cabot a peut-être découvert la route océanique de l'Europe à l'Amérique du Nord, mais les
informations qu'il a ramenées n'ont rien fait pour clarifier la géographie de l'est du Canada. Il aurait tout
aussi bien pu toucher la pointe nord-est de l'Asie ou une des îles semées dans l'océan, et personne
n'aurait pu dire le contraire. Durant le quart de siècle suivant, une série d'expéditions menées par divers
explorateurs portugais, ainsi que les découvertes de Giovanni da Verrazano pour le compte du roi de
France ont fait la preuve que quelque chose comme un continent entier fermait la voie à la route de
l'Orient.
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Partie de la carte du monde de Gerolamo da Verrazano, 1529.
Courtoisie de la photothèque du Vatican (Foto Biblioteca Vaticana), Vatican. Illustration tirée
de Dreams of Empire : Canada before 1700, de André Vachon, en collaboration avec Victorin Chabot
et André Desrosiers, dans la série Chroniques de notre histoire, traduction anglaise de
John F. Flinn (Ottawa, Ontario : Archives nationales du Canada, 1982), p, 30, planche 13.
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Certains enthousiastes continuaient à croire en l'existence d'un étroit canal à travers cette masse
continentale, ou au moins d'une voie navigable qui permette de la contourner par le nord. Mais
l'exploration subséquente des Européens dans la région allait devoir se justifier en tant que quête non
seulement d'une route vers les Indes, mais aussi des richesses éventuelles à découvrir dans le Nouveau
Monde.
Ainsi, lorsque Jacques Cartier s'est mis à explorer le golfe du Saint-Laurent durant les années 1530,
c'était bien sûr pour trouver un chenal vers le Pacifique à travers les Amériques, mais aussi « la vaste
quantité d'or et d'autres richesses » censées se trouver dans cette partie du monde.
Exploration du Saint-Laurent par Cartier, 1534-1542.
Au XVIe siècle, Jacques Cartier a effectué trois voyages en
empruntant le golfe du Saint-Laurent.
Tiré de An Historical Atlas of Canada, de Lawrence J. Burpee, éd. (New York, Thomas Nelson and Sons, Limited,
1927), p, 5. Carte de John Bartholomew & Son, Ltd., Edinburgh Geographical Institute. Modifiée par Tina Riche.
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Les trois expéditions effectuées entre 1576 et 1578 par Martin Frobisher dans l'Arctique canadien, au
nord du Labrador, étaient justifiées par la recherche du légendaire passage du Nord-Ouest et par la
croyance erronée que l'île de Baffin abritait des réserves d'or. Toutefois, plus les explorateurs
s'enfonçaient dans les étendues glacées du Nord, moins ils découvraient de richesses. Aussi, entre
1580 et 1620, lorsque les John Davis, Henry Hudson, Robert Bylot et William Baffin ont sillonné les
eaux de l'est de l'Arctique, ils se sont concentrés sur la recherche d'une route vers les Indes, prêtant
peu d'attention aux paysages gelés de cette région.
Représentation du XVIIe siècle, par Edward Barlow, du navire Sampson luttant contre une
tempête en avril 1694.
Aux XVIe et XVIIe siècles, de plus en plus d'explorateurs se sont lancés sur les océans du monde en
quête de nouveaux territoires pour leurs monarques européens. Dans bien des cas, les voyages
transatlantiques se sont soldés par des tragédies
Tiré de Barlow's Journal of His Life at Sea in King's Ships, East & West Indiamen and Other Merchantmen from
1659 to 1703, transcrit par Basil Lubbock (London, Hurst & Blackett, Ltd., 1934), tome II, page 378.
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Terre-Neuve et le Labrador ont aussi été « explorés » durant cette période, comme en témoigne la
précision croissante des cartes de l'époque. Toutefois, il ne s'agissait pas tant de l'oeuvre des
explorateurs célèbres que des humbles pêcheurs et de leurs capitaines oubliés venus des ports
d'Europe occidentale. Ces explorateurs auront laissé leur marque en nommant les centaines de baies,
de caps et d'îles qu'ils fréquentaient, mais leur identité est tombée dans l'oubli.
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