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Exploration et colonisation
La région de Terre-Neuve et du Labrador est le premier secteur de la côte atlantique
de l'Amérique du Nord que les Européens aient exploré, mais l'un des derniers qu'ils
aient colonisé et officiellement habité. Arrivés vers l'an 1000, les Vikings du
Groenland y ont fondé des petits établissements au cours du siècle suivant. Certains
récits mythiques mentionnent que d'autres Européens auraient débarqué sur
l'île par hasard au cours du Moyen-Áge. Chose certaine, John Cabot a bien exploré
la région et en a pris possession en 1497 au nom des Tudor d'Angleterre. Peu après, les
pêcheurs de l'ouest de l'Europe se sont mis à fréquenter régulièrement
les Grands Bancs durant les mois d'été.
Navire portugais.
Bateau de haute mer, fort probablement similaire à ceux qui ont pêché sur
les Grands Bancs au XVIe siècle.
Illustration tirée de The Discovery of North America, de W.P.
Cumming, R.A. Skelton et D.B. Quinn, McClelland and Stewart Ltd., Montréal, 1971. Il
s'agit d'un détail du Livro das Armadas(Livre des flottes), une série de
dessins réalisés en 1566 et préservés à l'Academia das
Ciéncias, de Lisbonne. Courtoisie de l'Academia das Ciéncias.
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Il a toutefois fallu attendre au milieu du XVIIIe siècle pour qu'une population plus importante
vienne s'établir à Terre-Neuve en permanence et commence à connaître une
croissance naturelle. Ce n'est qu'au début du XIXe siècle que les grandes institutions
sociales de l'Église et de l'État se sont implantées. Cette réticence des
empires maritimes européens à occuper la région malgré l'importance capitale
qu'ils lui ont très tôôt accordée est une des grandes caractéristiques de
l'histoire de la province.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, de nombreux villages ont été fondés sur
la côte terre-neuvienne, surtout par les Anglais et les Français. Certains, comme Cupids
et Ferryland, ont été planifiés par les autorités; d'autres ont été
fondés spontanément par des pêcheurs qui ne voulaient pas rentrer en Europe durant l'hiver
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Armoiries de Baltimore, Ferryland.
Ces armoiries ont appartenu à Sir George Calvert, Lord Baltimore, qui a fondé un établissement
à Ferryland en 1621. Calvert s'est lui-même rendu sur les lieux en 1627, mais a abandonné
sa propriété après deux hivers particulièrement rigoureux. Il devait plus
tard fonder une autre colonie au Maryland.
Illustration tirée de Historic Newfoundland, par Harold Horwood et John de Visser; Oxford
University Press, Toronto, 1986. Gracieuseté de John de Visser.
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Dans les deux cas, le soutien des gouvernements européens à ces colonies est resté
mitigé. Une combinaison de sols peu fertiles et de raids des pirates a empêché les
colonies de Terre-Neuve de grandir au même rythme que celles du continent. Ce n'est qu'après
1760 que le bouleversement des campagnes de pêche européennes imputable aux révolutions
française et américaine et aux guerres napoléoniennes a rehaussé l'attrait
de la région comme lieu d'émigration permanente. Des colons du sud-ouest de l'Angleterre
et du sud-est de l'Irlande sont venus s'installer durant cette période et ont constitué
à Terre-Neuve et au Labrador le noyau d'un mélange ethnique qui s'est perpétué
jusqu'à aujourd'hui.
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