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Biosphère de Terre-Neuve et du Labrador
La biosphère, qui regroupe toute la vie sur la Terre, peut être
subdivisée en régions géographiques déterminées appelées biomes.
Un
biome est une région au climat distinct où vivent des plantes
et des animaux caractéristiques. Le territoire de Terre-Neuve et
du Labrador comporte deux biomes : la toundra et la taïga.
La toundra est une zone subarctique caractérisée par des hivers longs
et froids et par des étés courts et chauds. Les précipitations, sous forme
de pluie et de neige, y sont peu abondantes, d'où l'épithète de « désert froid »
qu'on lui accole parfois. À un mètre de profondeur, le sous-sol de la toundra
est gelé en permanence : c'est ce qu'on appelle le
permafrost. Comme le permafrost
empêche le drainage de l'eau, celle-ci tend à s'accumuler en mares peu profondes.
Arbres et grands arbustes sont absents de ce paysage désolé, royaume d'une flore
naine d'arbustes et d'
herbacées, de mousses et de lichens. Les mammifères de la
toundra sont le petit caribou arctique, le boeuf musqué, le loup arctique, le renard
arctique, le lièvre arctique, le lemming et plusieurs espèces de campagnols... de
même que l'ours blanc, carnivore au règne incontesté. Au printemps, de nombreuses
espèces d'oiseaux viennent y pondre et y élever leurs petits; l'automne venu, ils
partent vers le sud passer l'hiver sous des climats plus cléments.
Biome de la toundra des landes littorales, nord du
Labrador.
Ces bois abandonnés témoignent de la présence de caribous et d'autres bêtes sauvages dans la région.
Reproduit avec l'autorisation de Brian C. Bursey, de son livre Exploring
Labrador Harry Cuff Publications, St. John's (Terre-Neuve) © 1991.
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La taïga s'étend généralement au sud de la toundra; il y fait très
froid l'hiver, mais la saison de croissance y est plus longue; la pluie
et la neige y sont aussi plus abondantes. Ce biome présente des sols
acides, pauvres en substances nutritives essentielles comme l'azote et
le phosphore. La flore y est dominée par les
conifères, surtout le sapin
baumier et l'épinette noire; les principaux
feuillus sont le bouleau à
papier, le peuplier faux-tremble et le sorbier. La taïga est l'habitat de
l'élan d'Amérique, de l'ours noir, du lynx du Canada, du renard roux, de la
martre des pins, de l'hermine et du vison; ses cours d'eau, ses étangs et ses
lacs foisonnent de castors, de rats musqués et de loutres de rivière. Ce biome
comporte aussi de vastes terres humides, en particulier des tourbières et des
fens.
Le nord du Labrador est une toundra typique, alors
que le sud du Labrador est un bon exemple de taïga. L'île
de Terre-Neuve n'entre dans aucune de ces catégories. Bon
nombre des animaux et des plantes communs ailleurs en Amérique
du Nord n'y sont pas représentés, à cause des glaciers qui
recouvraient toujours son territoire il y a à peine 10 000 ans.
L'île ayant émergé des glaces littéralement décapée de toute vie,
ce sont donc les plantes et les animaux du continent adjacent qui
l'ont lentement recolonisée. Les vents d'ouest dominants ont
amené les spores de lichens et de mousses, et peut-être même les
graines les plus légères; mais toutes les plantes n'ont pas fait
le voyage, si bien qu'il y a moins d'espèces végétales sur l'île
que sur le continent adjacent. Les insectes volants sont venus par
la voie des airs, et les mammifères aquatiques comme le castor, le
rat musqué et la loutre, ont passé le détroit à la nage. D'autres
ont emprunté la banquise qui se forme en hiver entre le continent
et l'île. Seuls les poissons d'eau douce capables de survivre en
eau salée (anadromes) ont pu nager jusqu'à l'île. Les animaux qui
hibernent (comme le tamia, les grenouilles, les serpents et bien
d'autres) n'ont pas pu traverser non plus. Par conséquent, on trouve
très peu de mammifères indigènes sur l'île : 14 espèces seulement, par
rapport aux 42 qu'on rencontre au Labrador! Aucun serpent, raton-laveur,
mouffette, ni porc-épic!
Vu la longue histoire de colonisation européenne à Terre-Neuve, la
proportion des plantes herbacées et des insectes introduits y est très
importante. En effet, les migrations humaines sont accompagnées de migrations
floristiques et fauniques, parfois accidentelles (dans le fourrage des animaux),
parfois voulues (dans les jardins). L'élan d'Amérique, le lièvre d'Amérique,
l'écureuil roux, le tamia rayé et la musaraigne cendrée ont tous été introduits
sur l'île pour jouer des rôles spécifiques dans la faune.
Les eaux qui baignent la Province sont considérées comme
boréales ou subarctiques.
En hiver, de la glace se forme en mer le long de la côte du Labrador et des côtes
ouest et nord-est de l'île de Terre-Neuve. En été, les températures de surface y
dépassent rarement les 16 oC.
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Ours polaire.
Communs dans la toundra, les ours polaires sont aussi souvent observés plus au sud, surtout au printemps, lorsque la banquise de la côte du Labrador se fragmente et est emportée vers le sud par les courants marins.
Reproduit avec l'autorisation de Brian C. Bursey. Tiré de son livre
Newfoundland and Labrador Souvenir Book. Friesen Printers, Canada ©
1997. Page 48.
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La côte est essentiellement constituée de rochers où s'accrochent toutes
sortes de créatures végétales et animales. Les plantes dominantes de la
côte sont les algues brunes, surtout le fucus vésiculeux, l'ascophylle
noueuse, les varechs et les laminaires, mais on observe aussi plusieurs
espèces d'algues rouges et vertes. Les créatures les plus communes de cet
habitat sont les balanes, les patelles, les bigorneaux, les moules bleues,
les anémones de mer, les holothuries, les oursins, les étoiles de mer et
les crabes communs. Les eaux du littoral sont le domaine des poissons (morue,
chabot, tanche, etc.) et des mammifères marins (dauphins, marsouins et baleines).
Diverses espèces de phoques fréquentent aussi les côtes, notamment le phoque du
Groenland et le phoque à crête, qui viennent au printemps mettre bas sur la banquise.
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