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Littérature
On mentionne souvent les Quodlibets (1628), écrits par Robert Hayman
alors qu'il était gouverneur de la colonie à Bristol Hope, à
Terre-Neuve, en parlant du premier livre de poésie en anglais écrit sur le
territoire du Canada actuel. Ceci dit, il faudra attendre jusqu'à assez tard dans
le présent siècle pour que des écrivains locaux commencent à
écrire une littérature d'imagination originale à Terre-Neuve.
Quodlibets
Premier recueil de poésie
en anglais écrit à Terre-Neuve, par Robert Hayman.
Publié à l'origine à Londres, par Elizabeth Allde, en 1628.
Copie du Centre for Newfoundland Studies, Memorial University of
Newfoundland Library, St. John's
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Dans l'intervalle, une riche littérature populaire, axée sur la tradition
orale plutôt que sur l'écrit, diffusée par le bouche à oreille
et la répétition, s'est développée et a prospéré
de concert avec les formes plus traditionnelles d'expression écrite. La
littérature orale répandue dans le cadre terre-neuvien consiste
notamment en chansons folkloriques et en ballades, en pièces de théâtre
populaires, en proverbes, en poèmes, en devinettes, en blagues, en récitations
et en monologues, en légendes locales, en récits d'expériences
personnelles et en contes folkloriques. Tout récemment, on a recueilli et
étudié en détail certaines de ces formes traditionnelles qui,
quatre siècles durant, avaient satisfait les besoins esthétiques et
fourni un exutoire à l'énergie créatrice d'un grand nombre de
Terre-Neuviens; les représentations d'autres formes de littérature
orale ont aussi connu un regain de popularité. Toutes auront eu un impact
remarquable sur la littérature écrite contemporaine de Terre-Neuve.
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Folk Literature Series : a folklore/folklife
educational series.
Folk Speech I, de John Widdowson - ©1983. Un des
numéros d'une série de publications produites en 1983 sur les diverses
formes de littérature populaire.
Courtoisie de Breakwater Books Ltd., St. John's. Photo de la couverture :
A Game of Pitch and Toss in Grey River, Newfoundland, par R. Holloway. Avec la gracieuse
permission des Provincial Archives of Newfoundland and Labrador (PANL)
(23 kb)
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Il a fallu attendre le présent siècle pour qu'une littérature
écrite indigène prenne forme à Terre-Neuve, en fait jusqu'en 1923,
date de la publication des Newfoundland Verse par E. J. Pratt; entre 1628 et ce dernier
point de repère, si arbitraire soit-il, il s'est quand même publié
une somme considérable et variée d'écrits populaires et savants sur
la vie dans la Province, oeuvres de missionnaires, d'officiels coloniaux, d'historiens,
de sportifs, d'aventuriers, de voyageurs, etc.
E. J. Pratt, vers 1930.
Edwin John Pratt (1882-1964) est né à Western Bay, dans la baie de la Conception.
Après son départ de Terre-Neuve en 1907 pour des études à
l'université de Toronto, il a publié son premier recueil de poèmes,
Newfoundland Verse, en 1923.
Photo tirée de E. J. Pratt: The Master Years 1927-1964, vol.
2, par David G. Pitt (University of Toronto Press, Toronto ©1987), courtoisie de la
succession de M. Claire Pratt
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Tout au long du XIXe siècle, de nombreux journalistes ont écrit dans un
grand nombre de journaux, de magazines et de périodiques et, au tournant du siècle
actuel, propagandistes et promoteurs ont publié maints ouvrages qui ont décrit
Terre-Neuve comme un paradis pour les touristes et les adeptes du plein air et des sportifs
La littérature qui a émergé entre 1925 et 1950 a été
fortement marquée par les bouleversements sociaux, culturels et politiques de cette
période. Qu'elle ait été fortement inspirée de la tradition
orale, tant par sa forme que par son contenu, ou qu'elle ait délibérément
tenté de s'en écarter pour endosser des modes et des thématiques plus
cosmopolites, la littérature d'alors affichait une tendance notable à analyser
le mode de la vie des Terre-Neuviens et à en articuler les qualités
jugées essentielles. Cette poursuite a suscité un débat interminable
sur les mérites relatifs des perceptions de ce qu'était la culture
traditionnelle, et sur le rôle de cette culture dans la vie des habitants de
la Province. Même les écrivains aux perspectives et aux tendances
littéraires les plus cosmopolites, souvent dénués d'une
expérience personnelle de cette culture, ont paru incapables de s'abstenir
de la mettre en scène, d'ordinaire en termes négatifs. D'autres
écrivains au contraire, plus pratiques et aux prétentions moins
littéraires, ont eu tendance à idéaliser et à romancer
la culture traditionnelle dans leurs oeuvres. Même si ces deux visions paraissent
s'être estompées après les années 1970, la littérature
terre-neuvienne contemporaine tire toujours abondamment parti des particularités
et des singularités de l'histoire et de la société terre-neuviennes.
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