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Les Innus
Autrefois désignés Naskapi-Montagnais, les Innus sont un peuple
de langue algonquine dont le territoire (Nitassinan) couvre l'est de la
péninsule Québec-Labrador. Dans la langue des Innus, l'Innu-aimun,
le mot innu signifie être humain. On compte de nos jours plus de 16 000 Innus
répartis dans onze villages au Québec et deux villages au Labrador.
Les deux localités du Labrador sont Sheshatshiu (env. 1 000 habitants),
située au point de rencontre des lacs Grand (Kakatshu-utshishtun) et Melville
(Atatshuinipeku), et Davis Inlet, ou Utshimassit (env. 500 habitants), située
sur une île au large de la côte nord du Labrador.
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Davis Inlet, août 1903
Sur cette photo du début du siècle, des Innus venus traiter sont
réunis devant le magasin de la Compagnie de la Baie d'Hudson de Davis Inlet,
au Labrador.
Avec l'aimable autorisation de la collection William Brooks Cabot,
1903-1989. 8 National Anthropological Archives, National Museum of Natural History,
Smithsonian Institute, Washington D.C.
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Ensemble, les deux villages forment la Nation innu, qui représente les Innus
du Labrador auprès du monde extérieur.
Avant le XIXe siècle, la présence des Européens a eu peu d'impact
négatifs sur les Innus du nord du Labrador. Vivant en petites bandes, les Innus
connaissaient à fond un vaste secteur de la péninsule Québec-Labrador.
Ils vivaient dans des tentes de peaux et dépendaient fortement des caribous pour se
nourrir et se vêtir.
Bandes innus, vers 1880
Carte tirée du livre de Peter Armitage, The Innu (The Montagnais-Naskapi).
Chelsea House Publishers, New York 81991, p. 30. Avec la permission de Gary Tong. Adaptation
de Tina Riche, (1997).
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L'arrivée des postes de traite au Labrador et dans le nord du Québec au XIXe
siècle et les efforts déployés pour instaurer chez les Innus une
dépendance à l'égard des denrées européennes n'ont
pas tardé à modifier le tableau, en grande partie au détriment de la
population indigène. La fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle
ont été marqués par une compétition de plus en plus féroce
pour les fourrures avec les trappeurs et les colons européens, surtout au centre du
Labrador. La chute du cours de la fourrure durant les années 1930 et la réduction
des hardes de caribous ont entraîné des souffrances considérables pour les Innus.
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Innus du Labrador, dessin du XIXe siècle
«Nasquapees », dessin de W. G. R. Hind, gravé sur la
pierre par F. F. L., chromolithographié par Hanhard pour Exploration of the Interior
of the Labrador Peninsula, de Henry Youle Hind. Londres, 1863. Tiré de Newfoundland:
a Pictorial Record, de Charles de Volpi. Longman Canada Limited, Sherbrooke (Québec)
81972, p. 99
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Les décès et les souffrances attribuables aux maladies introduites d=Europe,
la construction de villes minières à Labrador City, Wabush et Schefferville,
le nombre croissant de non-autochtones, l'imposition de règlements de chasse par
le gouvernement provincial, le déménagement à Davis Inlet des Innus
de Barren Ground à la fin des années 1960, l'inondation d'un vaste secteur de
territoire innu productif par le réservoir Smallwood en 1970 et la multiplication des
exercices militaires aériens de l'OTAN au-dessus de leurs terres se sont conjugués
pour rogner sur les territoires des Innus et pour provoquer chez eux un effondrement
socio-culturel dont on constate aujourd'hui les effets pathologiques.
Malgré que leur culture soit assaillie de toutes parts, de nombreux Innus
ont conservé l'essentiel de leur rapport traditionnel au territoire et aux
créatures qui l'habitent. Les Innus négocient présentement pour
faire reconnaître leurs droits ancestraux sur leur territoire traditionnel et
tentent de guérir les ravages de nombreuses années de vie sédentaire
dans des villages.
Villages innus de nos jours, vers 1990
Carte tirée du livre de Peter Armitage, The Innu (The Montagnais-Naskapi).
Chelsea House Publishers, New York ©1991, p. 91. Avec la permission de Gary Tong. Adaptation de
Tina Riche.
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© 1997, Peter Armitage
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