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C

No. 1301.

STATEMENT, 25 AUGUST, 1789, OF MARCOUX IN
re PLANTE vs. MARCOUX.


District de Quebec.

COUR DE LA PAIX.

GEORGE PLANTE   .  .  .    Dénonciateur.
vs
M. PIERRE MARCOUX  .  .  .    Accusé

DEFENSES

L'accusation porte trois chefs de contravention à l'ordonnance législative de la Province de Québec, de l'année 1777. chapitre 7e.
1.—Pour avoir, contre l'article ler, dans la Baie de Kischachoux ou Grande Baie des Eskimaux, distribué ou disposé de rum ou liqueurs fortes aux Sauvages en cette Province, sans licence, la peine d'une amende de £5. et un emprisonnement qui n'excédera pas un mois pour la prémière offense.

2.—Pour s'ètre, contre l'article 3e. établi dans un pais Sauvage en cette Province, sans licence, l'amende de £10. pour la prémière contravention.



(Translation.)

District of Quebec.
SESSIONS OF THE PEACE.

GEORGE PLANTE  .  .  .  .  .  .  . Informant
vs.
PIERRE MARCOUX .  .  .  .  .  .  . Accused.

PLEA.

The declaration contains three contraventions of the legislative ordinance of the Province of Quebec, of the year 1777, chapter 7.

1. Having, contrary to section I, in the hay of Kischachoux or Great Bay of the Esquimaux, distributed or disposed of rum or other strong liquors to the Indians of this Province, without licence, a penalty of £5 and not more than one month of imprisonment for the first offence.

2. Having, contrary to section III, settled in an Indian country of titis Province, without licence, a penalty of .£10 for the first offence.

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3.—Et pour avoir, contre le 5e. article, porté et envoyé dans le païs Sauvage en cette Province sur des terres non concédées par Sa Majesté des effets, marchandises et provisions, sans licence, l'amende de £50.

Les dites amendes à poursuivre dans les délais fixés moitié à Sa Majesté, et l'autre moitié au Dénonciateur suivant l'article 7e.

VOICI LE FAIT

Avant la conquête comme depuis, la Province de Québec n'avoit fait aucun commerce de pelleteries, ni loi pour la Grande Baie des Eskimaux, qui est sur les côtes de la Nouvelle Bretagne par les 55. degrés de latitude, excepté quelques reglemens pour la pêche de laBrador.
Le 31. juillet 1784. Mr. Pierre Marcoux dans le doute sur ces reglemens autrefois faits à Terreneuve seulement pour la pêche, qui n'avoient été publiés à Quebec, obtint de Son Excellence Frederic Haldimand. alors Gouverneur de cette Province la prémière licence de traiter avec les Sauvages et autres dans la Grande Baie des Eskimaux, en cas qu'il y eut des pelleteries. Mais avant été informé que George Plante étoit réellement parti au commencement d'Août de la même année pour y aller, sans licence, Monsieur Marcoux ne voulut y aller, pour éviter à difficulté ni le poursuivre sur ladite ordonnance de 1777. parcequ'il n'aime à faire le métier de Dénonciateur, et que cette ordonnance n'a jamais eu en vue les greves, la mer, les glaces, ni la pêche du loup marin de la Grande Baie des Eskimaux, ni les peuples pêcheurs qui y viennent faire la pêche de la Baie d'Hudson, du Groenland et de toutes parts,



(Translation.)

3. And, having, contrary to section V, carried and sent into the Indian country of this Province. on lands not conceded by His Majesty, wares, merchandize and provisions, without licence, a penalty of £50.

The said fines te be sued for within the time prescribed, one half for His Majesty and one half for the Informant pursuant to section VII.

STATEMENT OF FACTS.

Before the conquest, as well as since that time, the Province of Quebec had no trading in furs, nor any legislation in connection the Great Bay of the Eskimaux, which is situate on the coasts of New Britain, in latitude 55 degrees, excepting a few regulations for the Labrador fisheries.
On the 31st July, 1784, Mr. Pierre Marcoux being dubious as to these regulations formerly made at Newfoundland for the fisheries only, and which had not been published at Quebec, secured from His Excellency Frederick Haldimand, then Governor of this Province the first licence for trading with the Indians and others in the Great Bay of the Esquimaux, should there be any pelts. But, being informed that George Plante had actually left at the beginning of August in the same year, to go there, without licence, Mr. Marcoux decided not to go himself in order to avoid trouble and prosecuting him according to the said Ordinance of 1777, as he was loath to act as Informant, and as that ordinance never was intended to cover the shores, the sea, the ice, nor the seal fisheries in the Great Bay of the Eskimaux, nor the people who come there for fishing purposes from Hudson

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sans empêchement, notamment en ce qui ne concerne que la pêche, qui seule peut y attirer les Savants et braves navigateurs et pêcheurs.
George Plante etant revenu de ladite Baie à Québec, Monsieur Marcoux obtint le 16. Août 1785. de l'Honorable Henry Hamilton lieutenant Gouverneur la seconde licence d'aller traiter avec les Sauvages et autres dans ladite Grande Baie des Eskimaux. Cela en cas qu'il y eut quelques pelleteries à traiter avec les vrais Sauvages ou chasseurs des forêts, s'il y en avoit.
Le 23. Août même année 1785. un des associés de M. Marcoux informé que George Plante avoit été en 1784. et retournoit en Août 1785, sans licence à ladite Baie pour y faire la traite qui s'entend des pelleteries, s'en assura par les déclarations sous serment de Jean le Brun et de Joseph Goupil devant un Juge de Paix alors ; mais il ne voulut, ni Mr. Marcoux, dénoncer ni l'empêcher de partir voulant bien laisser à chacun la chance du commerce dans ces parages périlleux. Ils ne troublèrent point Plante
En Eté 1786. Monsieur Marcoux revint à Québec, y amena le prémier Eskimaux qui fut presenté avec sa famille à l'Honorable Henry Hope lieutenant Gouverneur au Chateau St. Louis à Québec et montré dans la ville au peuple par curiosité et comme une découverte nouvelle avec son canot et ses ustensiles de pêche. Et le 15. Septembre de la même année 1786. Monsieur Marcoux obtint de Son Honneur le lieutenant Gouverneur une licence pour établir des pêches à Indian's Island, qui est à la côte Est de la côte de laBrador et de la Grande Baie des Eskimaux, durant le plaisir de Sa Majesté, avec préférence de la concession de ladite Isle et d'une étendue de terre sur ladite côte sous les reglemens qui pourront être faits à l'avenir dans cette



(Translation.)

bay, Greenland, and anywhere else, without being disturbed, particularly in so far as fisheries are concerned exclusively, such being the only thing to draw the scientists and the bold navigators and fishermen.
George Plante having returned from the said bay to Quebec, Mr. Marcoux obtained, on the 16th August, 1785, from the Honorable Henry Hamilton, lieutenant-governor, the second licence to go and trade with the Indians and others in the said Great Bay of the Eskimaux. And that, in case there were pelts to be traded with the actual natives or forest hunters, if there were any.
On the 23rd August in the same year, one of Mr. Marcoux's partners, being informed that George Plante had gone, in 1784, and was returning in August, 1785, without licence, to the said Bay for the purpose of trading in what is known as the fur trade, ascertained himself by the declarations under oath made before a Justice of the Peace by Jean le Brun and Joseph Goupil ; but neither he nor Mr. Marcoux would lay an information nor prevent his departure as they wanted to let every one have his chance to trade in that dangerous region. They did not interfere with Plante.
In the summer of 1786, Mr. Marcoux returned to Quebec, and brought back with him the first Eskimau who was introduced, with his family, to the Honourable Henry Hope, Lieutenant-Governor at Castle St. Louis and exhibited to the people as a curiosity and a new discovery with his canoe and fishing utensils. And, on the 15th September of the same year, 1786, Mr. Marcoux obtained from His Honour the Lieutenant-Governor, a licence to form establishments in connection with fisheries at Indian is'and, situated on the east coast of Labrador and of the Great Bay of the Eskimaux, during His Majesty's pleasure, with preference as to the concession of the said island and an extent

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partie du nouveau monde, pourvu que Monsieur Marcoux ne s'immisçat point dans la limite des terres accordées à la société d'Unitas Fratrum, ni dans celle du commerce accordé à la compagnie de Hudson.
M. Marcoux muni de cette licence de 1786. duement enrégistrée, repartit pour laBrador avec des planches des gremens de pêche à loup marin, y ramena l'Eskimaux et sa famille, mais ne put se rendre qu'aux Isles à loup marins sur les côtes de laBrador, ou il fut contraint d'hiverner.
Le 18. juin 1787. qui est le printems de ces endroits sans Eté, Monsieur Marcoux écrivit des Isles à loup marin à Mons. Perrault Négociant à Québec par la goelétte la Résolution Capitaine le Brun, une lettre ou après avoir fait le récit de son malheureux hivernement, il le prioit en ces mots : “ N'oubliez pas de m'envoyer un permis pour la traite avec les deux nations.”
Monsieur Marcoux croyoit alors comme il le croit encore qu'il falloit une licence de traiter des pelleteries avec les Sauvages des forêts quand il y en a audessus du long Sault.
L'Honorable Lord Gouverneur étant parti de Québec le 3. Septembre 1787. pour Montréal, la saison pressant le Capitaine Goupil qui s'en alloit à laBrador de partir le 9. du même mois ; ne s'agissant d'aucune traite de pelleteries avec les Sauvages des forêts en cet endroit, enfin Monsieur Perrault ne put envoyer et n'envoya point la licence que Monsieur Marcoux ne lui avoit demandé qu'en cas de traite de pelleteries avec les Sauvages s'il y en avoit des forêts de cette Province.
Selon le témoignage de Baptiste Vachon, Mons Marcoux ne put partir de l'Isle aux loups marins que le 24. Juin 1787. et se rendit à la fin de Juillet à la Baie des Eskimaux, où il se mit en sureté, attendant la licence pour



(Translation.)

of land en the said coast ululer such regulations as may be made in future in that part of the New World, provided that Mr. Marcoux should not venture within the limits granted to the Society of Unitras Fratrum nor in those of the trade granted to the Hudson's Bay Company.
Mr. Marcoux, armed with the licence of 1786, duly registered, left again for Labrador, with Iumber and seal-fishing gear, and took back with him the Eskimaux and his family, but could only get as far as the Seal island, on the coast of Labrador, where he was compelled to winter.
On the 18th June, 1787, which is spring time in these summerless places, Mr. Marcoux wrote, from Seal island, a letter to Monsieur .Jos. Perrault, merchant at Quebec, through the schooner Resolution, captain le Brun. a letter in which, after giving an account of his unfortunate wintering, he made a request in the following terms : “ Do not forget to send me a licence to trade with the two nations ” [of aborigines].
Mr. Marcoux thought then. as he still thinks, that it licence was required to have fur trading with the Indians of the forests when there are auiv above the Long Sault.
The Honourahle Lord Governor having left Quebec on the 3rd September, 1787, for Montreal, and the season being late, Captain Goupil was forced to leave for Labrador on the 9th of the same month : as no trading in furs with the Indians of the forests was contemplated, finally Mr. Perrault could not and did let send the licence which Mr. Marcoux had only asked for in case any fur trade might he had with the Indians, if any in the forests of this Province.
According to the evidence of Baptiste Vachon, Mr. Marcoux could not leave Seal island until the 24th of June, 1787, and, on the last days of July, proceeded for the bay of the Esquimaux where he stayed, without apprehension, pending the arrival of the licence and of his fishing gear.”

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traiter et ses gremens de pêche. Il avoit quelques provisions qu'il avoit emportés selon sa licence de 1785. Il trouva de vrais Sauvages Montagnois dans le fond de la Baie, auxquels il ne distribua aucune liqueur forte ni marchandises de traite, quoiqu'ils en désiroient, et ces Sauvages se retirèrent dans les forêts.
La déposition de Charles Trahan prouve qu'il partit de Québec le 7. Septembre 1787. à bord du Capitaine Goupil chargé de planches provisions. Qu'étant arrivé le 31. Octobre à la Baie de Katchatchoux, il y trouva Monsieur Marcoux, avec treize personnes lui compris et par charité un montagnois et sa soeur que le Capitaine Goupil avoit sauvé de bonne Esperance, n'ayant aucun moyen de cabaner, Que Monsieur Marcoux avoit des gremens de pêche à loup marins et Saumons ; que son expédition étoit pour la pêche ; mais que le batiment arriva trop tard l'automne, et que ne pouvant revenir, ils furent obligés d'hiverner à quarante lieues dans la Baie des Eskimaux, d'où ils sont revenus ce printemps 1788.
La déposition de Jean Bte. Vachon prouve encore que vers le ler. d'Octobre 1787. lorsque M. Marcoux attendoit le Capitaine Goupil, Plante vint avec Dumiontier faire défense à M. Marcoux de bâtir dans l'endroit qui est une presqu'ile de sable. Que M. Marcoux lui demanda s'il avoit une concession de l'endroit, que Plante répondit que non ; et s'il avoit des limites connues ; que Plante lui dit que non. Que Plante ne dit point à Mons. Marcoux qu'il eut une licence de traite. Qu'ensuite Plante, M. Marcoux et Dumontier s'accordèrent et convinrent qu'ils n'iroient point au devant des Sauvages pour les attirer et que chacun profiteroient de ceux qui viendroient chez lui.



(Translation.)

He had some provisions which he had brought with him under his licence of 1785. He found some real Montagnais Indians in the bottom of the bay, and he distributed to them no strong liquors nor any trailing goods, although they were desirous for some, and these Indians withdrew into the forests.
The evidence of Charles Trahan shows that he left Quebec on the 7th of September, on board Captain Goupil's vessel with a cargo of hoards and provisions. That, reaching the bay of Katchatchoux on the 31st of October, he found Mr. Marcoux there, with thirteen men, himself included, and, out of charity, a Montagnais and his sister whom Captain Goupil had saved from Bonne Espérance, the said Indian not having the means of erecting a hut. That Mr. Marcoux had seal and salmon fishing gear : that his expedition was for the purpose of forming a fishing establishment ; but that the vessel arrived too late in the fall, and, as he could not return, they were compelled to winter forty leagues in the bay of the Esquimaux, whence they returned this spring, 1788.
The deposition of Jean Bte. Vachon further shows that about the 1st of October, 1787, while Mr. Marcoux was waiting for Captain Goupil, Plante came along with Dumontier and prohibited Mr. Marcoux from building at the place which is a sand peninsula. That, upon being asked by Mr. Marcoux whether he held a concession of the place, Plante replied in the negative ; and whether he had any known limits, Plante also replied in the negative. That Plante did not tell Mr. Marcoux that he had a trading licence. That, subsequently, Mr. Marcoux and Dumontier came to terms and agreed that they would not go to meet the Indians in order to attract them and that each one would profit by such of them as would come to him.

[1927lab]



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