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C

No. 1300.

STATEMENT, 21 AUGUST, 1789, OF PLANTE IN re PLANTE vs. MARCOUX.


District de Quebec.

JUSTICE DE LA PAIX.

GEO. PLANTE  .  .  .  . Dénonciateur.
vs
M. PIERRE MARCOUX Négociant .  . Accusé

OBSERVATIONS DU DENONCIATEUR

Le dénonciateur a fait dans cette cour, le 1er septembre 1788 une information sur trois chefs 1o pour s'etre établi dans la baie des Eskimaux pays sauvage sans license 2o pour avoir porté et envoyé dans ledt pays sur les terres non concedées par Sa Majesté diffenrentes marchandises aussi sans licence et 3o pour y avoir distribué et donné du Rum et d'autres liqueurs fortes aux Sauvages.
Le 11. septembre suivant l'accusé fit une exception peremptoire, disant que le lieu des prétendus contraventions étoit hors les limites de la Province et par consequent hors la Jurisdiction de cette cour.



(Translation.)


District of Quebec.
SESSIONS OF THE PEACE.

GEORGE PLANTE   .  .  .  .  .  .  .  Informant.
vs.
PIERRE MARCOUX, Merchant  .  .  .  .  .  Accused.

STATEMENT BY THE INFORMANT.

On the 1st of September, 1788, the Informant preferred an information on three contraventions 1st having settled himself in Eskimaux bay, in the Indian country, without licence 2ly having taken and sent into the said country not conceded by His Majesty, sundry merchandize, also without licence and 3ly, having distributed and given rum and other strong liquors to the Indians.
On the 11th September following, the accused presented a peremptory exception, pleading that the place where the alleged contraventions supposedly had taken place were outside the limits of the Province and consequently do not fall under the jurisdiction of this Court

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La cour par son Jugement Interlocutoire du deboutta l'accusé de cette exception et ordonna de plaider au mérite.
En conséquence il fut procedé à l'audition des témoins sur les dépositions desquels le dénonciateur, pour se conformer au Jugement interlocutoire du 20 aoust présent, fait les observations suivantes
Il parroit évidemment par les dépositions des deux témoins. Charles Trahan et Jean B. Vachon, 1o que Mr Marcoux avoit une maison, un établissement sur une presqu'ile dans la baie des Eskimaux au delà du détroit de Belile 2o qu'il y a fait la traitte avec les Eskimaux dans les mois de Fevrier, Mars et Avril 1788 ; qu'il donnoit des Eguilles, harpons, couvertes et qu'il en recevoit de la graisse et des peaux de loup-marin qu'il a traffiqué un canot pour un fusil &ca &ca ainsi les deux prémiers chefs sont clairement constatés.
A regard du troisieme les témoins s'accordent à dire que pendant la traitte Mr Marcoux donnoit régulièrement un coup d'eau-de-vie à chaque Eskimau qui venoit chez lui ; qu'il a mêmé enivré un montagnais qui a hyverné chez lui.
L'accusé croit peut être avoir une sorte d'excuse sur ce qu'il ne donnoit qu'un coup d'eau de vie aux Esquimaux et cela par gracieuseté.
Mr Marcoux est fort gracieux ; mais l'ordce ne se souscie guéres qu'il le soit ; elle n'à point d'egard aux Gracieusetés et quand au nombre, un seul coup en vaut mille puisque sa prohibition est générale reserve. Si on pouvoit tolerer un coup nonobstant la générosité de ses termes, pourquoi n'en pas tolerer deux, pourquoi pas trois et ainsi de suitte ; à quel nombre plaira-t-il à laccusé de s'arrêter ? dira-t-il qu'on peut aller Jusqu'à l'ivresse. L'ordce ne donne point une si large mesure, ubi lex non distinguit, non est distinguendum.


(Translation.)

By an Interlocutory Judgment the court, on the [20 August last] dismissed that exception of the accused and ordered the action to be pleaded on its merits.
In consequence followed the hearing of the witnesses on whose evidence the informant, in compliance with the Interlocutory Judgment of the 20th August instant, submits the following comments :
From the depositions of the two witnesses, Charles Trahan and Jean B. Vachon, it is obvious, 1st that Mr. Marcoux had a house, an establishment on a peninsula in Esquimaux bay beyond the strait of Belleisle 2ly that he traded with the Eskimaux in the months of February, March and April, 1755 : that he would give needles, harpoons, blankets in exchange of which he received grease and seal skins ; that he traded a canoe for a musket, &c., &c., and, therefore, the first two contraventions are clearly established.
As to the third one the witness are unanimous in their statement that during the trading reason Mr. Marcoux regularly gave a drink of brandy to every Eskimau that came to his house and that he even intoxicated a Montagnais who was wintering with him.
The accused may consider himself as having au excuse in the fact that he only gave one drink of brandy to the Eskimaux and that out of kindness.
Mr. Marcoux is indeed very kind ; but the ordinance cares but little about his being so ; it does not consider acts of kindness and as far as the number is concerned, one drink is as much as a thousand it being general and unqualified in its prohibition. If one were to tolerate one drink, notwithstanding the liberality of its terms, there is no reason why two should not be tolerated, or three or and so on : what number would the accused stop at ? Would he argue that he could go as far as drunkenness ? The ordinance does not give such a wide latitude : ubi lex non distinguit, non est

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n'eut-il fait que leur en donner une larme, la contravention est consommée, parce que le danger est d'en donner le gout. D'ailleurs il parroit que ces coups gracieux ont été distribués três régulièrement.
Dans les réponses sur les questions de l'accusé on voit “ qu'il est dusage là de nommer les Eskimaux Eskimaux et non Sauvages, les Sauvages montagnois.” On y voit une description très scrupuleuse du genre de vie des uns et des autres ; et tout est si bien distingué qu'on y voit, clair comme le Jour, que les Montagnais vivent dans les montagnes et les Esquimaux dans la baie des Eskimaux. Il va sans doute s'elever la dessus une question délicate et curieuse Savoir Si les Eskimaux sont des Sauvages et d'après les efforts qu'on a fait pour démontrer qu'un Eskimau ne vit pas dans les montagnes et qu'un montagnois n'est pas un gibier de grève, il est à présumer que l'Achille de l'accusé va être, que puisqu'un eskimau n'est pas un montagnois et qu'un montagnois est un sauvage, il s'ensuit évidemment qu'un Eskimau n'est pas un sauvage.
Si une loi défendoit de tracer aucune figure sur un certain plan que le public auroit interet de conserver ; celui qui auroit tracé des quarrés sur ce plan. auroit-il lieu de bien se réjouïr et de se flatter d'avoir trouvé une défense bien solide et bien sensée, s'il venoit à découvrir qu'un quarré n'est pas un cercle ? un quarré n'est pas un cercle, un Eskimau n'est pas un Montagnois, mais un quarré est une figure et un Eskimau est un Sauvage. Si l'accusé avoit gouté aux universaux il se seroit épargné les frais de son histoire naturelle de la baie des Eskimaux. Il auroit vu qu'un montagnois n'est pas un Sauteu, qu'un Sauteu, n'est pas un Iroquois et que cependant un montagnois un Sauteu et un Iroquois sont trois sauvages.



(Translation.)

distinguendum. Even if he had only given a drop, the offence is consummated, because the danger lies in their acquiring a liking for it. Moreover, it appears that these drinks thus kindly given were distributed regularly indeed.
In their answers to the questions asked by the accused it is seen that “ it is the custom out there to call the Esquimaux ' Esquimaux ' and not Indians the Montagnais Indians.” There is also a very precise description of the manner of life of the ones and the others ; and every thing is so clearly distinguished that it appears as plain as daylight that the Montagnais live in the mountains and the Esquimaux in the bay of the Esquimaux. No doubt this will give rise to the rather delicate and curious question of ascertaining whether the Esquimaux are Indians and from the attempts made to show that an Esquimaux does not live in the mountains and that a Montagnais is not a frequenter of strands, it is to be supposed as a refutation of his argument that since an Esquimau is not a Montagnais and a Montagnais is an Indian, it follows necessarily that an Esquimau is not an Indian.
Supposing that a statute made it an offence to trace any figure on a certain plan that should be preserved intact in the public interest, would any one having traced squares on that plan have cause to be pleased and flatter himself with having worked out a strong and sensible plea on discovering that a square is not a circle ? a square is not a circle, an Esquimau is not a Montagnais, but a square is a figure and an Esquimau is an Indian. If the accused had even a slight notion of the universals he would have spared himself the trouble his natural history of the bay of the Esquimaux gave him. He would have seen that a Montagnais is not a Sauteur, that a Sauteur is not an Iroquois and that nevertheless a Montagnais, a Sauteur and an Iroquois are three Indians.

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Il est d'usage là d'appeller les Eskimaux, Eskimaux. Il est d'usage partout d'appeller les choses par leurs noms, ainsi pour continuer la comparaison il est d'usage en Geometrie d'appeller un triangle, un triangle ; mais cela nempêche pas qu'un triangle ne soit une figure et qu'un Eskimau ne soit un Sauvage.
D'ailleurs qu'importe comment ceux qui traitent à la baie des Eskimaux appellent les Eskimaux les termes d'une loi ne sont pas sujets à ne signifier que ce que ceux-ci et ceux-là veulent qu'ils signifient ; Sans cela pour la transgresser en sureté, le transgresseur n'auroit qu'à nommer les choses autrement qu'elle ne les nomme, Les voleurs de grand chemin par exemple n'auroient qu'à donner au vol, au pillage et au meurtre, le nom de chasse. Au reste s'il faut avoir enivré un sauvage et qu'il n'y ait que les Montagnois qui soient des Sauvages. Mr Marcoux à enivré un Montagnois. Mais laissons ces petitesses et concluons que l'informant ayant prouvé clairement les trois chefs de sa déclaration il peut avec confiance supplier cette cour de lui en accorder les conclusions avec dépens.

ALEX GRAY
for the Informant.
Quebec 21 aoust 1789
Endorsed : Justice de Paix
George PlanteObservations
vsdu
Pierre MarcouxDénonciateur
21 Aoust 1789.



(Translation.)

It is the custom out there to call the Eskimaux Eskirnaux. It is customary everywhere to call every thing by its name, therefore to go on with the comparison it is usual in geometry to call a triangle a triangle : but that does not hinder a triangle from being a figure and an Esquimau from being an Indian.
Besides it matters little what these who trade at the bay of the Eskimaux may call the Esquimaux, the terms of a statute are not supposed to mean just what this or that one may wish them to mean : otherwise any one violating the same could do so with impunity simply by calling things differently from what it is customary to call them. For instance, the highwaymen would simply call robbery, pillaging and murder by the name of chase. Moreover, if the person to have been intoxicated must be an Indian, and if the Montagnais alone are Indians, then Mr. Marcoux intoxicated a Montagnais. But let us have no more of these trifles and move that the Informant having clearly established the three contraventions of his declaration he may confidently pray that the court may be pleased to grant him his demands with costs.
ALEX GRAY

for the Informant.
Quebec, 21st August, 1789.
Endorsed: SESSIONS OF THE PEACE.
GEORGE PLANTEStatement
vsof the
PIERRE MARCOUXInformant.
21 August 1789.

[1927lab]


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