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C

No. 1298.

DEPOSITION, 11 SEPTEMBER, 1788, OF CHARLES TRAHAN IN PLANTE vs. MARCOUX,

SESSIONS OF THE PEACE.

District de Quebec.

COUR DE LA PAIX.
GEORGE PLANTE  .   .   .    Denonciateur.
vs
M. L. MARCOUX  .   .   .   Accusè

Charles Trahan Temoin Dépose qu'il a été l'Automne dernier engagé par M. Perrault & Jos. Goupy en qualité de matelot pour aller a la Baie que Kitchchachoux au delà du Detroit de Belisle—qu'il est parti le 7.7bre 1787 a bord du Batiment de Goupy chargé de Provision et de planches qu'étant arrivé à la Baie de Kitchachoux le 31. octobre ils y ont trouvé M. Marcoux fils, que M. Marcoux y avoit une maison ; que les effets du batiment ont été remis à M. Marcoux—Qu'il n'a pas vu faire la traite par M. Marcoux avec les Sauvages si ce n'est que les Esquimaux traitoient pour de la graisse.—Que M. Marcoux leur donnoit a manger dans sa maison et leur donnoit un



(Translation.)

District of Quebec.
SESSIONS OF THE PEACE.

GEORGE PLANTE  .  .  .  .  . Informant
vs.
M. L. MARCOUX,  .  .  .  .  Accused.

Charles Trahan, witness, saith that last fall he was engaged by Mr. Perrault and Jos Goupy1 as a sailor to go to the hay of Kitchchachoux, beyond the Strait of Belleisle—that he left on the 7th September, 1787, on board Goupy's vessel with a cargo of provisions and lumber, that when he arrived at the Bay of Kitchachoux on the 31st October they found there Mr. Marcoux, junior, that Mr. Marcoux had a house there ; that the effects from the vessel were delivered to Mr. Marcoux ; That he did not see Mr. Marcoux trading with the Indians excepting that the Esquimaux were trading grease.—That Mr. Marcoux would give them some food in his house and would give them a

1 Goupille.

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coup d'Eau de vie à chaque fois qu'ils venoient par gracieuseté dans les mois de fevrier Mars et Avril.—Que M. Marcoux a eu d'eux des Peaux de Loups Marins—Que dans le mois d'avril M. Marcoux a envoyé un homme au devant de Geo. Plante qu'il croyoit etre un Esquimaux nommé Loocoupiart que cet homme trouva que c'etoit Plante qui lui donna un petit papier pour M. Marcoux—que lui déposant a entendu dire par M. Marcoux à cet envoyé que si c'etoit le Bonhomme Loocoopiart de lui dire de venir a la maison qu'il vouloit lui parler—Qu'il n'a pas connoissance que Plante ait reproché a M. Marcoux de ce qu'il s'etoit établi là et qu'il y faisoit le commerce que cela lui faisoit tort—Que la distance entre les maisons de M. Marcoux et de Plante est comme de cette cour a l'Eglise de la Basse ville—Que M. Marcoux a envoyé dans le mois d'avril deux hommes pour faire une cabanne à deux ieues de sa maison et en ligne de sa maison pour tacher d'avoir de la graisse des Esquimaux—Que M. Marcoux donnoit aux Esquimaux des couteaux, des arpons, couvertes en échange, mais qu'il n'a pas connoissance que le dit Sr Marcoux ait donné aucun fusil—que la maison de M. Marcoux est tout à fait au bord de l'eau et que cette maison est a quarante lieues dans la Profondeur de la Baie—Que M. Marcoux appelle communemt cette Baie la baie des Esquimaux—Que lorsqu'ils sont partis d'ici l'automne dernier ils avoient a bord Trois quarts de rum et Deux quarts de vin—qu'ils ont débarqués dans la maison de M. Marcoux que M. Marcoux compris ils étoient trois personnes dans l'hivernement—Et que M. Marcoux avoient aussi dans la maison pendant tout l'hiver et printems un Montagnés et sa soeur que le capitaine Goupis avoit mis a bonne esperance—qu'il a vu ce Montagnés deux ou trois fois ivre dans sa maison vers Noel lors des diver-



(Translation.)

drink of brandy out of kindness every time they came in the months of March and April [1788 ?].—That Mr. Marcoux got some seal skins from them.—That, in the month of April, Mr. Marcoux sent it man to meet an Esquimau by the name of Loocoupiart ; that this man found out it was Plante who gave him a small piece of paper for Mr. Marcoux—that the Deponent heard Mr. Marcoux telling that employee to ask the old man Loocoopiart, if it was he, to come to the house as he wished to speak to him.—That he is not aware of Mr. Plante having reproached Mr. Marcoux with having settled there and that his carrying on trade there was detrimental to him.—That the distance between the Marcoux and Plante houses was like the distance between this court and the church in the Lower Town.—That Mr. Marcoux sent two men, in the mouth of April, to erect a cabin two leagues from his house and in line with his house in order to try and get grease from the Esquimaux.—That Mr. Marcoux gave the Esquimaux knives, harpoons, blankets in return, but that he is not aware of the said sieur Marcoux having given any musket—that the said Marcoux's house is built on the very edge of the water—and that the said house is forty leagues in the depth of the Bay.—That Mr. Marcoux commonly calls that bay the Bay of the Esquimaux.—That when they left here last fall they had on board three casks of rum and two casks of wine.—That they landed and went into Mr Marcoux's house, that, including Mr. Marcoux, three wintered there—And that Mr Marcoux also had in the house, during the winter and the spring, a Montagnais and his sister who had been left at Bonne Espérance by Captain Goupis—that, in two or three instances, he saw that Montagnais drunk in his house around Christmas, at time of the festivities—that he did not

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tissements—qu'il n'a pas vu autres Sauvages ou Esquimaux ivres dans sa maison—qu'il n'a pas connoissance que les esquimaux et Sauvages aient emporté des Boissons fortes hors de la maison—Que M. Marcoux donnoit de la farine à son Montagnès lors qu'il l'envoyoit a la chasse mais point de vivres aux autres esquimaux ni Sauvages hors la maison—que M. Marcoux a apporté a Quebec les pelleteries que ces gens avoient faites dans le cours de l'hiver—qu'il n'a point connoissance qu'il en ait eu des esquimaux ni des Sauvages—Que M. Marcoux n'a pas fait la peche.

CHARLES TRAHAN

examen de l'accusé

L. D. DESCHENAUX

Qu'il est d'usage la de nommer les Esquimaux—Esquimaux et non Sauvages—les Sauvages Montagnès—Que les Esquimaux passent l'Eté sur le Bord de le mer et l'hiver se retirent sur une Isle vers le milieu de la grande Baie—Que le genre de vie des Esquimaux est générallement de faire l'été la chasse aux gibiers de nier et la peche aux Loups Marins—Qu'ils ont des chaloupes et des canots avec lesquels ils vont dans la mer—Qu'ils donnent le plus générallement en échange de la graisse de Loups Marins—Que dans l'hiver ils font leurs cabannes sur la Glace Dans la Baie ; que la Baie prend vers Noel et se dissout vers les premiers jours de Juin—Que M. Marcoux avoit



(Translation.)

see ally other Montagnais drunk in his house—that he is not aware of the Esquimaux and lndians having taken any strung liquor outside of the house.—that Mr. Marcoux gave flour to his Montagnais when he sent him hunting but no provisions to the other Esquimaux or Indians outside of the house—that Mr. Marcoux brought to Quebec the pelts which these people had traded during the winter, that he is not aware of his having secured any from the Esquimaux or from the Indians.—That Mr. Marcoux did out carry on any fishing.
CHARLES TRAHAN.

Examination by the accused.

L. D. DESCHENAUX.

That it is the custom there, to call, the Esquimaux—Esquimaux and not Indians—[and to call] the Montagnais Indians.—That the Esquimaux spend the summer on the seaside and, in winter, they withdraw to an island lying towards the middle of the Great Bay [Esquimaux].—That as a rule their manner of life chiefly consists, in summer time, in chasing the sea game; and in seal hunting.—That they have shallops and canoes in which they go out at sea—that they more generally trade in seal oil.—That in winter they build their huts on the ice in the bay ; that the bay freezes around Christmas

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pris ce Montagnès par charité n'ayant pas de quoi se cabanner qu'il l'a occupé l'hiver à la chasse—Que dans tout le cours de l'Hiver il n'a vu que Trois ou quatre Montagnès que le genre de vie de ses sauvages Montagnès est de chasser dans la Profondeur des Terres—Que M. Marcoux avoit dans la Baie à son établissement des Grements de peche a Loups Marins et deux quarts, soit disant, contenant des retz à Saumons—Que M. Marcoux a souvent dit aux Esquimaux de lui apporter des graisses—Que M. Marcoux leur donnoit en echange des harpons qui leur servoit à faire la peche—Qu'il a été engagé pour faire la peche et que l'expédition de M. Marcoux étoit pour faire un établissement de peche à l'entrée de la Baie des Esquimaux—Mais qu'ils sont arrivés trop tard pour former cet établissement et qu'il étoit aussi trop tard pour revenir le meme automne à Quebec ; ce qui les a fait aller trouver M. Marcoux à son établissement à quarante lieues dans la Baie—Que le déposant n'a été que cette fois dans la Baie—Que le Montagnès dont il a parlé étoit sédentaire a la maison avec M. Marcoux qu'il étoit meme encore a l'établissement lorsque M. Marcoux est parti ce printems—Et a signé
CHARLE TRAHAN

Entendu en Cour à Quebec—ce 11 7bre 1788

L. DUCHESNAUX J.P.



(Translation.)

time and the ice melts: away of June. That Mr. Marcoux had taken in that Montagnais out of charity as the latter could not afford to build a hut and that he employed him as a hunter during the winter.—That, in the course of the whole winter, he only saw three or four Montagnais Indians ; that the chief occupation of these Montagnais Indians consists in hunting in the depths of the forest.—That Mr. Marcoux had at his post, in the Bay, seal-fishing gear and two barrels supposed to contain salmon nets.—That Mr. Marcoux often asked Esquimaux to bring him oil.—That Mr. Marcoux would give them in exchange harpoons which they used for their fisheries.—That he was hired for the fisheries and that the expedition undertaken by Mr. Marcoux was for the purpose of forming a fishing post at the entrance to the bay des Esquimaux, but that they arrived too late to form the said establishment and that it was also too late to return to Quebec the same fall, which compelled them to go to M. Marcoux's establishment forty leagues in the bay.—That the Deponent was only once, [namely,] at that time, in the bay.—That the Montagnais mentioned by him was settled at the house with Mr. Marcoux and that he was still at the post when Mr. Marcoux left this spring.—And has signed

CHARLES TRAHAN.
Taken in Court, at Quebec, 11 September, 1788.

L. DUCHESNAUX, J.P.

[1927lab]


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