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garde Et comme il ne reste pas toujours dans Les postes la mesme quantité de monde c'est ce qui Les rendra toujours redoubtables dans La Coste du nord.
Cependant il sera aussy dangeureux que differents concessionnaires fassent des Etablissemens Le Long de la Coste des Eskimaux parce que si les uns pour Les rendre traitables veulent essayer de Les attirer, Et de Lier commerce, d'autres pour Les Eloigner de Leurs postes feront sur eux des actes d'hostilité, d'ou il arrivera que ces barbares pour se venger mettront a feu et a sang, Et ravegeront toute la Coste. on n'a vû que trop d'exemples jusqu'a ce jour de Leur barbarie. Le Sr Marsal on fournit un Exemple tout recent dans cette année. Il seroit facile de les humaniser comme les autres Sauvages. ils en ont donné La preuve année derniere à la baye des Chateaux ou ils ont travaillé comme nos matelots à charger Le batiment que j'avois Envoyé En Société; aprés avoir traité dans le Cour de L'Esté au dt poste, ils y sont revenus L'automne, Et ont reste jusqu'aux glaces sans faire du mal aux qûatre hommes qui ont gardé le poste pendant l'hyver.
à L'Egard du nombre de ces Sauvages Eskimaux on n'en peut rien scavoir : ils sont répandus depuis le detroit de Bel-Isle Le Long de la mer juspu'au détroit d'hudson, de sorte qu'ils occupent plus de deux cent Lieues de pays. Nos Sauvages disent que Le grand village des Eskimaux est Environ à douze Lieues de la baye St Louis, Et que de la ils se repandent Le Long de la Coste. M. de Laraguy de Bayonne actuelement en cette ville vient de me raporter qu'en 1737 Etant allé faire la pesche de la baleine vers le detroit d'hudson, il fit rencontre dans le large une glace, ou il y avoit plus de quatre cent cadavres, qu'il reconnut etre des hollandois, Et des Eskimaux qui



(Translation.)

attempt to carry naval equipment away. Their stratagem of war is to take us by surprise or to attack us when in superior numbers. As one is not always on his guard, and as the same number of men do not always remain in the posts, they will always be a source of danger on the Côte du Nord.
It will be dangerous if various grantees make establishments along the Esquimaux coast, because if some to render them tractable try to attract them and trade with them, others, to keep them away from their posts, will commit acts of hostility. In consequence, these barbarians, to avenge themselves. will put everything to fire and sword, and will devastate the whole coast. We have, in the past, seen too many instances of their cruelty. The Sr. Marsal recently informed us of one that occurred this very year. It would be as easy to civilize them as the other natives. They proved it last year at baie des Chateaux where they worked as our seamen in the loading of the ship I had sent in partnership. After having traded at the same post during the summer, they returned in the autumn and remained until frost set in. without injuring the four men who kept the post during winter.
With regard to the numbers of these savage Esquimaux, nothing could be ascertained. They are scattered from Belleisle strait along the sea to Hudson strait, so that they occupy more than two hundred leagues of land. Our Indians say that the big village of Esquimaux lies at about twelve leagues from St.Louis Bay, and that, from there, they spread along the coast. Mr. de Laraguy de Bayonne, now in this town, stated to me that, in 1737, while on a whaling expedition toward Hudson strait, he discovered in the open sea, ice on which were lying more than four hundred1 dead men whom he recognized as Hollanders and Esquimaux who had undoubtedly

1A fable in all probability.

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S'etoient Sans doute battu Les uns contre Les autres. Cela fait conoitre qu'il ne taut frequenter cette coste qu'avec beaucoup de précaution à cause du grand nombre. Et de la férocité de ces barbares.
On ne scait rien de Leur vie, Et moeurs non plus que du Lieu de Leur habitation dans L'hyver, car dans L'Esté ils Sont errans, et vagabons, on ignore d'ou ils tirent Les barbes de baleine dont ils font un grand usage, Et qu'ils trafiquent avec nous. On ne scait s'ils font la pesche de la baleine ou bien ce sont des baleines qu'ils trouvent Echouées Le Long de la Coste: Le dernier me paroist plus probable d'autant que les barbes qu'ils nous ont trafiqué ne paroissoit pas fraichement arrachées, mais vielles et batues de la mer. Cependant je leur ay vu des dards Et des harpons Semblables a ceux dont nous nous servons pour cette pesche. pour Leur nourriture ils vivent de toutes sortes de poissons, Et Oiseaux de mer qu'ils tuent avec des flesches et des dards a plusieurs branches de fer amanchés au bout d'un Long baton qu'ils lancent adroitement, et d'une maniere Singuliere ; car les flesches Et les dards sont toutes Leurs armes Ils cabanent En rang comme les autres Sauvages, avec cette difference que leurs Cabanes sont couvertes de peaux de Loup-marin, Et que les autres se servent d'Ecorce d'arbres. Leur Chasse est Le Long de La mer, Et non dans les bois, ou ils n'osent penetrer par la Crainte qu'ils ont des Sauvages des terres. Pour leur habillement ils sont vetus de peaux de Loup-marin qu'ils sçavent passer, Et coudre fort artistement avec du serf. Les Hommes ont un Capot ou pourpoint cousu devant, Et derriere qui leur descend à la ceinture, avec un capuchon cousu avec l'habit pour se couvrir La Teste. ils ont des culotes, des bottes ou brodequins ausquels est attaché Le soulier. Les femmes portent un pourpoint de mesme avec un capuchon fort grand dans lequel Elles mettent leurs Enfans a la mamelle: avec cette difference que Leur pourpoint a une longue queue



(Translation.)

fought one another. This shows that this coast must not be frequented without the utmost precaution, in view of the great number and ferocity of these barbarians.
Nothing is known of their life and manners or of their dwelling place in winter time, because during the summer, they wander and rove. We are ignorant as to where they obtain the whale fins which they use so much and trade with us. We do not know whether they kill the whale or find it ashore on the coast. The latter seems to me more probable, all the more that the fins they traded with us did not appear freshly taken, but old and sea-beaten. I saw, however, in their hands spears and harpoons similar to those we use for that fishing. They feed on all kinds of fish and sea-birds they kill with arrows and with harpoons with many barbs fastened to a long stick, which they throw in a skilful and peculiar way. But arrows are their weapons. They live in cabins arranged in rows like other aborigines, with this difference that their cabins are covered with seal skins and that the others use tree-bark. They hunt along the sea, and not in the woods, which they dare not penetrate owing to their fear of the Indians of the interior. For their clothing, they use seal skins which they know how to dress and to sew very cleverly with sinew. The men wear a coat or doublet sewed before and behind, which reaches to the waist, with a hood to cover the head, which is sewn to the clothing. They wear breeches, boots or brodequins to which the shoe is fastened. The women wear a like doublet with a very large hood in which they carry their infants

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qu'Elles se passent Entre les cuisses pour L'attacher par devant avec deux boutons, au lieu de culotes elles ont des brodequins ou bottes qui leur montent à la ceinture avec un soulier joint à la botte. Les hommes, Et Les femmes ont un Casque de Bois sur le front attaché derriere la teste a cause du soleil pour se conserver La veue. A L'Egard de Leur navigation ils se servent de canots dans chacun desquels il n'y a que la place d'un homme. Les femmes avec, les enfans vont dans Les chaloupes qui leur servent à porter leur bagage, Et dans lesquels Elles manoeuvrent fort bien. Leurs Canots sont pointus par les deux Extremités, Et sont revestus de peaux de Loup-marins si bien cousus ensemble avec de la baleine qu'ils ne prennent point L'eau. pour leurs Chaloupes ils Les volent aux pescheurs Le long de La Coste de Labrador, et au Petit Nord, ils en font quelques-unes mais au lieu de Bordages, ils les couvrent en dehors de peaux de Loup-marins. Ils Les garnissent de voiles commes Les notres pour en sçavoir davantage il faudroit pouvoir Les frequenter, Et apprendre Leur langue. Si je n'avois apprehendé faire un acte d'hostilité j'aurois assayé de prendre un Jeune homme de quinze à seize ans afin d'apprendre sa langue. Et de luy apprendre La notre. mais cela pourra avoir Lieu dans la Suite.
Si j'ay laissé deux hommes a la dte baye St Louis j'ay cru le devoir faire pour avoir une juste connoissance de La profondeur des terres, Et pour Examiner Les passes à Loup-marins. je me suis flatté que M. Le Gouverneur general, et M. L'Intendant auroient pour agreable mon zele, ainsy comme il importe de partir cet automne pour porter du Secours aux deux francois Et aux Sauvages que j'ay laissé au dt Lieu, Et comme il est nécessaire a cause de la distance des Lieux, et de La rigueur du froid qui Commence de



(Translation.)

at the breast. with this difference that their doublet has a long tail which they pass between their thighs to attach it in front with two buttons. Instead of breeches, they have brodequins or boots as high as the waist with a shoe fastened to the boot. The men and women wear a wooden shade on the forehead and attached to the head, to protect their eyes from the sun.
As regards navigation, they use canoes in which there is room for only one man. Women and children travel in boats in which they carry their luggage and which they handle quite cleverly. The canoes are tapered at both ends and covered with seal skins so well sewed with baleine that they do not leak. They steal boats from fishermen along the coast of Labrador and at Petit Nord. They construct a few, but instead of planks, they cover the outside with seal skins. They equip them with sails as we do ours. To know more, we must visit them frequently and learn their language. Had I not feared an act of hostility, I would have tried to take a young man of about fifteen or sixteen years of age, in order to learn his language and to teach him ours. But that can be done in the future.
I left two men at St. Louis bay, as I believed it my duty to have an exact knowledge of the interior, and to examine seal-passes. I prided myself on the fact that the Governor General and the Intendant would be pleased with my zeal. So, as it is important to leave this fall to carry assistance to the two Frenchmen and to the Indians whom I left at the said place, and, as it is accessary, on account of the distance of the place and of the severity of the winter which sets in

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bonne heure dans le Nord de faire partir sans delais, c'est pourquoy j'ay Eu l'honneur de presenter mon placet à M. Le gouverneur general. Et à M. L'Intendant pour les prier de m'accorder La permission d'y Envoyer cet automne, Et de me donner le brevet de concession de la de baye St Louis dont j'ay L'avantage d'avoir fait La découverte. Quebec 20e 7b 1743.
FORNEL



(Translation.)

early in the north, to sail without delay, therefore I have the honour to present my petition to M. the Governor General and M. the Intendant, praying them to give me the patent of concession of the said St. Louis bay which I had the good fortune to discover.

FORNEL
Quebec, 20 September, 1743.




No. 1278.
C

LETTER, 30 OCTOBER, 1743, CUGNET TO MINISTER,
ENCLOSING COPY OF HIS PROTEST TO BEAUHARNOIS AND HOCQUART AGAINST CONCESSION OF KESSESSAKIOU (BAYE DES ESQUIMAUX)
TO FORNEL.

CANADA. CORRESPONDANCE GÈNÈRALE, 1743, Vol. F. 79, p. 55.

M. CUGNET
Monseigneur
Je prens libertè de prèsenter cy Joint, a vôtre Grandeur, les Remontrances que je ne suis crû de faire à Mrs. De Beauharnois et Hocquart



(Translation.)


M. CUGNET,
30 October, 1743.
Monseigneur,
I take the liberty of transmitting herewith to Your Grace the observations whihc I felt bound to address to Messrs. De Beauharnois and Hocquart for the preservation of the foundation of the

p. 3404 [sic]

pour la conservation du fonds de la Traitte du Domaine de Sa Majestè, au sujet d'un arnement fait par le S. fornel, nègociant de cette ville Sons pretexte d'un Etablissement de Pesche dans le Baie de Kitchechatchou, dans lequel jl [sic.] parôit n'avoir d'autre vüe que celle de s'attirer le commerce de la plus grande partie des sauvages du Nord a la Ruine des Postes du Domaine aussi bien que de tous les autres Postes Etablis sur la Coste du Nord du fleuve St. Laurent, Le fernier du Poste de Mingan et le Concessionnaire de celui De Labrador leur ont fait de semblables Remonstrances pour leurs Jnterests [sic.], sur lesquelles Jls [sic.] attendent Respectueusement aussi bien que noy, ce qui sera Règle par De Beauharnois et hocquart en consèquence des ordres qu'ils Recevrent de Votre Grandeur.
J'ai I'honneur d'être avec un tres profond Respect Monseigneur.
De vôtre grandeur Le très humble et tres obeissant serviteur

CUGNET

de Quebec le 30 Octobre 1743.



(Translation.)

trade in His Majesty's domain, in connection with the expedition made by the Sieur Furnel under pretence of forming a fishery establishment in the bay of Kitchechatchou, concerning which his sole aim appears to be no other than that of attracting to himself the trade of the greater number of the northern Indians (Sauvages du Nord) to the prejudice of posts of the Domaine as well of all other posts established on the north shore of the river St. Lawrence. The lessee of the post of Mingan and the grantee of that of Labrador [Bradore Bay] have made similar representations to him in respect to which they are respectfully waiting, as well as myself, upon whatever may he determined by Mrs. De Beauharnois and Hocquart in conformity with such orders as they may receive from Your Grace.
I have the honour to be with the deepest respect, Monseigneur,
Your Grace's most humble and most obedient servant

CUGNET.
Quebec, 30 October, 1743.

[1927lab]



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