p. 3280
C

No. 1277.

NARRATIVE OF VOYAGE BY SIEUR LOUIS FORNEL TO BAYE DES ESQUIMAUX, 16 MAY TO 27 AUG. 1743.


ARCHIVES DE LA MARINE, PARIS.

La Relation que j'entreprend de La decouverte que j'ay fait de La baye des Eskimaux, n'est point un Journal de Pilote, ou Les routes, rhumbs de vent, Et, Hauteurs soyent observés ; Comme notre navigation ne doit etre que d'une terre a une autre, afind'etre plus sur de rencontrer la de baye qui nous auroit pent être Echapé En prenant Le grand Large c'est pourquoy j'ay crû qu'une simple description de mon voyage jointe a une carte dressée suivant les observations de nos pilotes Costiers Suffiroit pour donner a la Cour une connoissance exacte de cette Coste des Eskimaux ou personne jusqu'à ce jour n'a osé pénetrer Le Long des terres par la crainte de ces barbares.
16 MAI 1743

Je suis parti de Quebec avec Le passeport Et une Commission de M. le Gouverneur General pour La découverte de la de baye des Eskimaux En qualité de passager sur Le brigantin L'Experience avec Le Sr Charles de Cour et son fils mes deux chefs de route, Et avec tout un Equipage complet destiné


Translation.

The narrative which I undertake of the discovery made by me of Baie des Esquimaux is not a pilot's diary in which the distances, magnetic bearings and latitudes are noted. We sailed from one point to another, so as to be more certain to find said bay which, had we kept off-shore, might perhaps have escaped our attention, I therefore believe that a mere description of my voyage, accompanied by a chart based upon the observations of our coast pilots will be sufficient to give to the Court an exact knowledge of the Esquimaux coast, where no one, previously, had ventured to sail near the shore, for fear of these barbarians.

16 MAY, 1743.

With a passport and a commission from the Governor General to explore baie des Esquimaux I left Quebec as a passenger on the brigantine L'Expérience with Sieur Charles Le Cour and his son, my two chief steersmen, together with a full crew engaged for the said exploration, intending to charter a vessel at Petit Nord, not having obtained the permission to put to sea

p. 3281

pour la La dte decouverte, dans Le dessein d'affreter un batiment au petit nord, n'ayant pu obtenir La permission de faire sortir un batiment à cause de la disette des vivres : Et sur Le dt Brigantin, j'ay Embarqué quatre pièces de Canon, quarante fusils, des pistolets, sabres, haches d'armes et autres munitions de guerre pour me rendre a la baye des Chateaux suivant la destination du d. Brigantin dans lequel voyage nous avons été contrariés par les vents du Nord-Est forcés, Et sur le point de perir plusieurs fois par les Glaces qui nous ont obligé de ranger la terre du nord ne pouvant pas tenir Le Large. Cependant à la faveur d'un Eclairci qui s'est fait entre Les glaces nous sommes entrés dans L'ance à Loup le 19e Juin. Sur le champ j'ay envoyé un canot a St Modet pour inviter le Sr Chauveau maître de pesche de venir en personne pour chercher des effets que j'avois a luy remettre a son arrivée Luy ayant demandé pour faire une decouverte La Goelette La Marie-Anne dans Laquelle j'ay un Interest, il me dit que j'en etois le maître et que je pouvois en disposer, Cependant qu'il falloit attendre Les grandes marées par ce que Le batiment etoit tout a fait a haute mer, me voyant dechû de mes Esperances de ce Costé la J'ay pris le parti de Louer une grande Chaloupe pescheuse, Et d'Envoyer En diligence au Tierpon situé dans le nord de Plaisance Le Sr Le Cour mon Pilote, Et maitre de route pour y affreter un batiment.

20 JUIN 1743.

Ensuite nous avons continué notre route vers la baye des Chateaux, Et avant d'y arriver nous avons essuyé un coup de mauvais tems avec de La brume, en sorte que pour Eviter Le danger, Et nous tirer de la coste il nous a fallu laisser un ancre, Et un Cable : ne sachant que devenir a La



(Translation.)

in this vessel, on account of the shortage of provisions. On the brigantine I embarked four guns, forty rifles, pistols, swords, battle-axes and other munitions of war to proceed to the bay des Chateaux, the destination of said brigantine, during which journey we encountered a strong north-east wind, and were on the verge of perishing many times on account of the ice which forced us to sail along the north shore, being unable to keep off. By the help, however, of an opening in the ice, we entered anse à Loup [sic.], on the 19 June. I immediately sent a canoe to St. Modet to invite the Sr. Chauveau, fishing-master, to come personally to take the goods I had for him. On his arrival, having asked him to endeavour to find the schooner La Marie-Anne in which I have an interest, he told me that I was the master of her and that I could dispose of her, but that, as that vessel was on the high seas, I would have to wait for the spring tides. Disappointed in my expectations in that respect, I decided to charter a large fishing-boat and to send immediately the Sr. Le Cour, my pilot and sailing master, to charter a boat at Tierpon situated to the north of Plaisance.

20 JUNE, 1743.

We then continued our voyage toward baie des Chateaux, and, before arriving at that place, we encountered stormy weather and fog, so that, to escape danger and to keep off the coast, we had to slip an anchor and a cable. Uncertain of our fate in view of the threatening danger,

p. 3282

veue du danger qui nous menaçoit, Et qui nous paroissait inevitable dans cette Extremité, nous avons eu recours à Dieu Et nous avons fait un veu que nous devons accomplir si tost notre a Quebec. peu de tems après notre voeu fait, Les vents ont Changé, Et la brume a tombé, ce qui nous a donné lieu d'Entrer Enfin dans la de baye des Chateaux, ou nous sommes arrivés Le Dimanche vingt-trois Juin après trente huit jours de traversée.
Et depths le dt jour 23e Juin jusqu'au premier Juillet j'ay resté au dt Lieu de La baye des Chateaux, ou j'ay vû Les preparatifs de la pesche qui n'a pas reussi par ce que Le Loup marin etoit desja passé, Et que nous etions arrivé trop tard.

2 JUILLET 1743.

Le d. Sr le Cour est arrivé a la baye des Chateaux avec La goelette de M. de Lafontaine qu'il avoit trouvé au Tierpon, en echange de laquelle il auroit cedé outre le prix du Louage une Chaloupe biscayne pour faire la pesche. La de goelette n'auroit été cedée que pour vingt-deux jours seulement au d. Sr Le Cour qui se seroit obligé en mon Lieu et place En vertu du pouvoir que je luy en aurois donné de payer dix Ecus par chaque jour de retardement de La de goelette apres les vingt-deux jours Expirés.

3 JUILLET 1743.

Apres avoir fait done Embarquer sur la de goelette Les vivres, munitions de guerre ; Et autre effets qui m'etoient necessaires nous avons fait voile sur Les heures Sept du matin vers La baye des Eskimaux, mais Etant contrariés par les Vents nous avons mouillé au poste du Sr Marsal entre les Isles et les



(Translation.)

and which seemed inevitable in our extreme distress, we had recourse to God and made a vow, which we will fulfil immediately after our return to Quebec. Soon after we had made our vow, the wind shifted and, the fog having cleared, we succeeded at last in entering baie des Chateaux, where we arrived on Sunday the twenty-third of June after a voyage of eight days.
And from 23 June to the first of July, I remained at baie des Chateaux where I saw the preparations for the fishing which was unsuccessful, as the seals had already passed and we had arrived too late.

2 JULY, 1743.

Sr. Le Cour arrived at baie des Chateaux with Mr. Lafontaine's schooner, which he found at Tierpon, in exchange for which he gave, in addition to the charter price, a Biscayan fishing chaloupe. The said schooner has been chartered for twenty-two days only to Sr. Le Cour, who pledged himself in my place and stead, by virtue of the power I had given him, to pay ten crowns (écus) for each day of delay of the schooner after the expiration of the twenty-two days.

3 JULY, 1743.

Having taken on board the schooner, the required provisions, munitions of war and other goods, we sailed about seven o'clock in the morning toward the baie des Esquimaux, but encountering a contrary wind, we anchored at Sr. Marsal's post, between the islands and the

p. 3283

terres du Cap Charles, Lequel poste distant environ de Six a sept Lieus de La baye des Chateaux est le dernier poste Etabli dans La Coste de Labrador. Le dt Sr Marsal est aussy tost venu a notre bord pour nous Inviter de descendre à son habitation, nous disant qu'il ne nous Conseilloit pas d'aller plus loin à cause de La brume, des vents contraires, Et du danger qu'il y avoit de passer outre.

4 JUILLET 1743.

Nous avons Levé L'ancre Sur Les trois heures du matin pour profiter du vent sud-ouest, mais une brume epaisse qui s'etait Elevé tout d'un coup nous a fait prendre le parti d'aller chercher notre premier mouillage ou nous Sommes arrivé a huit heures du matin. Sur les onze heures Le tems etant devenu clair nous avons poursuivi notre route, Et sur Le midy nous nous sommes trouvé par Le travers du Cap Charles. apres avoir fait cinq a six Lieues depuis Le dt Cap nous avons vû L'ouverture de La baye St. Alexis qui nous a paru Etre d'Environ trois lieues de Large, Et de Cinq Lieues de profondeur avec quelques Isles Et Ilots au dedans : La de baye au nord est fermée par un Cap Escarpé qui Commence une chaine de Caps et de Montagnes tres hautes Le long de la mer. Et faisant route au Nord quart Nord-Ouest nous avons fait environ cinq à six Lieues de Chemin Le Long de la Coste des Eskimaux Laquelle est de rochers fort hauts, Et Escarpés sans aucun bois au pieds desquels rochers il y a grand fond Et sur les sept heures du soir nous avons decouvert un Cap fort haut Escarpé que nous avons nommés Cap Percé pour y avoir reconnu an pied une ouverture qui forme un chemin couvert dans le cap au dessus du niveau de l'eau En façon de route Lequel chemin communique a une baye dans laquelle nous sommes Entrés pour y chercher



(Translation.)

mainland of cape Charles, which post is distant about six or seven leagues from baie des Chateaux [and] is the last [most northerly] post established on the coast of Labrador. Sr. Marsal also came on board to invite us to his dwelling, saying that he would not advise us to go any further on account of the fog, the contrary wind, and the dangers that we would encounter.

4 JULY, 1743

To take advantage of the south-west, wind, we weighed anchor at about three o'clock in the morning, but, as a dense fog had suddenly arisen, we decided to seek our first anchorage, which we reached at eight o'clock in the morning. About eleven o'clock, the weather having cleared, we continued our voyage, and, about noon, we arrived opposite cape Charles. After sailing for five or six leagues from said cape, we saw the entrance of bay St. Alexis, which seemed to be about three leagues wide by five leagues deep with some islands and islets within. This bay is closed to the north by it steep bluff which begins a chain of capes and very high mountains along the sea-shore. Steering it north-quarter-north-west course, we sailed about five or six leagues along the Esquimaux coast, which is a very high and steep treeless cliff. At the foot of these cliffs the water is very deep. About seven o'clock in the evening, we discovered it very high and steep cape which we called cape Perc [sic.] , beca, usewe [sic.] saw, at its base, an opening which formed a covered way in the cape above the water-level, in the manner of a road which road connected with a bay, which we entered


p. 3284

mouillage Environ une lieue et demi dans la de baye Laquelle peut etre d'une Lieue de Large dans Son entrée sur deux Lieues de profondeur, Et plus de gros vaisseaux y peuvent Entrer facilement pour y trouver havre. Nous avons nommé cette baye du nom de baye des Meniques pour y avoir vû une quantité de gros poissons d'Environ Seize de pieds long que les pescheurs apelent Meniques, Lequel poisson porte un dard Sur le dos d'Environ cinq pieds de Long. Il fait La guerre au Loup-marin, Et le fait fuir Le Long de terre ce qui donne Lieu â la pesche sedentaire du Loup-marin, Lequel passeroit dans le large s'il n'etoit poursuivi par la Menique. Au nord Et au sud de La de baye il y a des Isles Et Ilots Le Long de La terre. Et nous avons mouillé Entre Les dte Isles Et terre à vingt brasses d'Eau L'on a ensuite mis la Chaloupe à L'Eau Et plusieurs de notre Equipage sont descendus sur une Isle Escarpée au haut de Laquelle ils ont allumé du feu avec de La tourbe, ayant ensuite aperçu Six Canots Eskimaux avec trois Chaloupes qui Approchoient Sur Le champ nos gens se sont embarqués dans la Chaloupe Et sont venus à bord, nous criant de Loin de Lever l'ancre et d'aller mouiller dans le Large afin d'etre plus eloigné de terre Et hors de la portée des flèches des Eskimaux: de sorte qu'apres avoir changé de mouillage nous avons ensuite disposé notre artillerie, Et préparé nos armes afin d'etre toujours sur la deffensive au cas d'attaque, Et afin de n'etre pas surpris pendant la nuit. Les dts Eskimaux n'osant venir nous aborder ont mis pied a terre dans une Isle voisine, ou ils faisoient des cris levant leurs avirons en haut. Et disant en patoie tout Camara Troquo balena, non Characo, ce qui signifie point de guerre, Je suis ton camarade, troquons de la baleine Et ayant à notre bord pris le porte-voix pour Leur repondre dans les mesmes termer, trois Eskimaux Se Sont rembarqués dans Leurs Canots Et sont venus à notre bord, ou ils nous ont fait beaucoup de Caresses. J'ay fait La remarque que La veue de notre petite artillerie,



(Translation.)

in search of an anchorage about a league and a half in the said bay, which is about one league wide at its entrance, by two leagues deep, and larger vessels can easily enter to find shelter. We called that bay the baye des Meniques, on account of the number of big fish, sixteen feet long seen there and which the fishermen called meniques. This fish has a back-fin five feet long. He fights the seal and chases him along the land, which permits the sedentary fishing of seal which would pass at a distance, were he not pursued by the meniques. To the north and south of this bay are islands and islets along the land, and we anchored between these islands and the land in twenty fathoms of water. We then put a boat to sea, and many of our crew landed on a steep island at the summit of which they kindled a fire with peat. Having seen Esquimaux approaching in six canoes and three boats, our men jumped into the boat and came on board crying out to us to weigh anchor and to moor further from the shore so as to be out of reach of the arrows of the Esquimaux. Having shifted our anchorage, we then put our artillery in readiness and prepared our arms in order to be always on the defensive in case of an attack, and to avoid being be taken by surprise during the night. Not venturing to board us, the said Esquimaux landed on a neighbouring island where they uttered cries, raising their oars and saying in their jargon, Tout Camara Troquo balena, non Characo, which means. No war, I am your comrade, let us trade whale. As we had a speaking-trumpet on board, we took it to answer them in the same terms. Three Esquimaux then jumped into their canoes and came on aboard where they showed us great affection. I remarked that the

[1927lab]



Partnered Projects Government and Politics - Table of Contents Site Map Search Heritage Web Site Home