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C

No. 1255.

PERE COQUART'S LETTER TO GOVERNOR MURRAY, 12 MARCH, 1765.

ARCHIVES DE L'UNIVERSITÉ LAVAL, QUEBEC.

Monsieur,
Je viens de recevoir une députation de mes sauvages qui m'a beaucoup surpris; et par leurs discours, Ils m'ont témoigné encore plus d'etonnement que je n'en avois moi-même. Mon père, m'ont ils dit avec un peu d'émotion nous apprenons qu'on veut donner nos terres, non pas seulement pour y venir traitter, mais les donner en proprieté, une partie à L'un, une partie à L'autre, en sorte que nous serons depouillé de ce que nous possédons: Car tu scais, mon père, que nous avons chacun notre terrain, nos grands pères L'ont eu avant nous, ils L'ont laissé à leurs Enfants, nous en jouissons aujourd'huy. Pierre ne vas pas chasser sur les terres de Jacques, nous le traittons de voleurs Lorsqu'il a été tendre des chemins de Martres ou qu'il a détruit des chaussées de castor sur ce terrain qui nous appartient ou veut'on que nous nous retirions si nous n'avons pas les bords de la mer pour nous. Il faudra donc payer à ces propriétaires pour avoir La vie que nous trouvons en Eté dans les rivieres [sic.] et dans les Lacs proche du fleuve, car on ne nous laissera ni chasser ni pescher sans payer quelque chose pour en avoir la permission. tu scais, Mon pêre, quo nous avons bien de la peine à vivre : et si on nous vend notre vie que veut-on que nous devenions? Sont ce la les promesses


(Translation.)

MONSIEUR :—
To my surprise, I have received a deputation of my Indians and, by their statements, they prove that they are more astonished than I am. With some emotion, they said to me : My father, we learn that our lands are to be given away not only for the fur trade but to grant them in fee simple, part to one and part to another in such a way that we will be despoiled of our possessions. But you know, my father, that we have each our own district which our grandfathers had before us. They have bequeathed them to their children and we hold them to-day. Pierre does not hunt on the lands owned by Jacques. He would be treated as a thief. When he has set traps in the marten paths or has broken into the beaver houses in the district which belongs to us, where shall we live if we have not the sea-shore?
It will be necessary, therefore, to compensate the proprietors for the wild life that we find in the summer in the rivers and in the lakes near the large rivers. The owners will not surrender the hunting or the fishing unless they are compensated for the surrender. You know, my father, that we have much difficulty in making a living; and if our wild life is sold, what will become of

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que nous que nous a fait faire notre pere Le Roy d'Angleterre; toy, mon père, tu nous a dis que son intention etoit de nous faire jouir des avantages de la paix comme ses autres sujets, nous esperons qu'il voudra bien nous tenir la parole qu'il nous a fait donner, nous reconnoissons Le Roy d'Angleterre pour notre pere et notre Maitre nous voulons Luy obéir, et Luy etre fideles mais il nous permettra de luy representer que depuis Cent Cinquante Ans, et au dela, C'est a dire bien avant que Ceux de L'autre bord, (les Européens) soient venus s'emparer de ce pays, nos Pères et nous avons toujours habités les Terres que nous habitons aujourdhuy, les bords de la mer et La profondeur pour La chasse tant en hyver qu'en été. Il est vray que le Roy de france a pris cette terre pour Luy, mais ca été pour nous la conserver, nous étions ses enfants, Il nous regardois comme tels, et il chargeoit quelcun de nous donner nos besoins pour La vie et pour L'habit. nous donnions a Celui qu'il avait chargé de Ce soin nos Pelleteries, et tout ce qui provenoit de notre chasse: nous étions tranquiles, nous chassions sans nous embarasser qui faisait la paix ou la guerre. aujourdhui notre Pêre Le Roy d'Angleterre a fait par Les armes la Conquête de Ce pays, Ce pays Luy appartient donc: C'etoient des terres que le Roy de france s'etois reservées elles appartiennent aujourdhuy a notre Pere le Roy d'Angleterre, qu'il les prenne donc, qu'il se les reserve nous voulons etre ses enfants, et nous Luy serons toujours fideles: nous demandons seulement qu'il nous fasse chasser tranquillement et sans Inquiétude, que nous n'ayions à repondre qu'a luy ou au chef qu'il mettra a québec pour nous gouverner, mais qu'il ne permette pas que l'on donne ou vende nos terres a plusieurs particuliers. Nous avons toujours été nation libre, et nous deviendrons Esclaves, ce qui nous seroit bien dur, après avoir


(Translation.)

us? Are these the promises that have been made to us by the King of England? Thou, my father, hast stated that it was his intention that we enjoy the advantages of peace as we are his subjects and we hope that he will keep his promises to us. We recognise the King of England as our father and master. We are willing to obey him and to be faithful but he will allow us to represent that, 150 years ago and more, that is to say, a very long time ago, people from the other side (Europeans) took possession of this country. Our fathers and we ourselves have been inhabitants of the lands that we occupy to-day, of the sea-shores and of the interior for hunting in winter and summer. It is true that the King of France has taken this land for himself but it was to conserve it for us. We were his children. He considered us as such and he charged somebody to give us the necessaries of life and clothing and we were assigned to the one in charge (the Governor) that he might take care of our health and all that we obtained from our hunting. We were not worrying. We hunted without being concerned as to who was at peace or at war. To-day, our father the King of England has taken this country by conquest and it belongs to him. These lands that the King of France had reserved for himself, belong to-day to our father the King of England so he may take them and reserve them. We are willing to be his children and we will always be faithful to him. We only ask that he permit us to hunt in peace and without interference and that we be not answerable to anybody or to the chief that he places at Quebec to govern us but that he do not alienate our lands to various individuals. We have always been a free nation and we would become slaves which would be very hard after being free so long. This, my father, is what, at present, we desire to tell

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jouis si Longtemps de notre Liberté: Voila, mon père ce que nous voulions te dire jusqu'a présent. au reste nous allons penser tous en Commun, et si nous trouvons necessaire de te faire de nouvelles representations, nous to Les ferons. tu es notre père, nous ne connoissons ny notre père ny les chefs qu'il a mis pour nous commander C'est a toy a prendre soin de tes Enfants, nous te prions donc de faire connoitre à notre chef de Québec nos sentiments, afin qu'il écrive à notre père le Roy d'Angleterre notre scituation et nos besoins; nous voulons etre ses enfants et nous le serons a quelque prix que ce soit.
Voila, Monsieur les representation de mes sauvages telle qu'elle est; je Les soumets à la sagesse et la prudence de Votre Excellence, mais Jay cru etre obligé de vous en faire part pour vous Instruire de tout ce qui se passe
Jay l'honneur d'etre avec le plus profond respect

Monsieur
de votre Excellence
le Très humble et Très obéissant Serviteur
COQUART

Missionaire des traittes de Tadoussac, a Tadoussac 12° Mars 1765.
Collationné sur la copie conservée aux Archives de l'Université Laval. par nous archiviste soussigné ce 22 juillet 1921

AMEDEE GOSSELIN, Ptre
A.U.L.



(Translation.)

you. We will think it over and, if we find it necessary to make new representations to you, we will do so. Thou art our father. We do not know our father or the chiefs he has sent to govern us. As it is your duty to take care of your children, we ask you to inform our chief at Quebec respecting our sentiments that he may write to our father the King of England concerning our situation and our needs. We are determined to be his children and at any cost.
Here, Sir, are the representations of my Indians. I am submitting them to the wisdom and consideration of your Excellency but I thought it my duty to inform you respecting all that is going on.
I have the honour to be with the greatest respect
Sir,
Your Excellency's very humble
and obedient servant,
COQUART

Missionary of the Traité de Tadoussac, 12 March, 1765.
Compared with the copy conserved in the Archives of Laval University by our Archivist, the undersigned, 22 July, 1921.

AMEDEE GOSSELIN, Ptre
A.V.L.

[1927lab]


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