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C


No. 1216.

NASKAPI MISSION.

ANNALES DE LA PROPAGATION DE LA FOI POUR LA
   P
ROVINCE DE QUEBEC, Fevrier 1879.

Lettre du Rev. Père Lacasse, O.M.I.
St. Sauveur, Novembre, 1878.
Rev. M.H. Têtu, Ptre.,
    Aumônier de l'Archevêché de Québec,
M. l'Aumônier,
Je n'ose moi-même aller vous présenter ce rapport. Ma conscience me dit que j'ai trop retardé et elle accepte d'avance tous les reproches que vous lui ferez. Dans ma lettre précédente, j'avais laissé vos lecteurs en présence de mes chers Naskapis. C'est le temps maintenant de les étudier au milieu de leurs forêts.
Un mot de la géographie des lieux: La partie des Naskapis qui habitent la forêt Notsimiolno, vivent de l'autre côté de la hauteur des terres qui divise la vallée de la Baie des Esquimaux de celle du Détroit d'Hudson. Le canot d'écorce dans l'été, la raquette dans l'hiver, sont les deux seules moyens de communication pour parvenir à leur lointaine patrie. L'épinette noire et le sapin sont les deux seules espèces d'arbres qui poussent sur leurs terrains de chasse. Les arbres n'arrivent pas à une croissance de plus de huit à neuf pouces de diamêtre. Quand ils veulent avoir de l'écorce de bouleau pour leur canot, ils sont obligés de venir de ce côté-ci de la hauteur des terres, le long de la rivière Mestshibo. Leur canot leur coûte cher; aussi ils en ont soin comme de la prunelle de leur oeil. Le terrain qu'ils habitent est entrecoupé de vastes étendues d'eau. Nulle part dans le monde, les lacs sont aussi nombreux que dans l'intérieur du Labrador. Il y en a qui, par leurs grandeurs, sont véritables mers intérieures. Les lacs de dix, quinze lieues de longueur ne sont pas rares. Le grande lac Michigamao, ou Michigan, est à perte de vue.
*            *             *             *
Les lacs quelque nombreux qu'ils soient, l'étaient encore plus à une époque antérieure. Il y a de grands marécages qui paraissent être des lacs desséchés; on peut encore suivre la décharge et on y passe maintenant à pied sec, mais les roches polies que vous foulez aux pieds vous montrent que l'eau les a lavées pendant des siècles. J'ai suivi moi-même le lit desséché d'une grande rivière, pendant plusieurs jours. Il n'y avait pas à se méprendre. Cette rivière détournait les montagnes en s'élevant graduellement. Il y avait eu

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des chûtes, des rapides, des inégalités de profondeur d'eau. Le lit était des cailloux aplatis ou plutôt usés par le courant.
*            *             *             *
Mais je vois que je me suis laissé entrainer loin de mes Naskapis, qui s'occupent encore moins de ce qui est arrivé que de ce qui arrivera. Ils habitent leur terre telle qu'elle est, se chauffent au soleil quand il paraît, et se battent les mains quand il fait froid. Chez eux rien que la pratique, point de theories ennuyeuses comme celle que vous venez d'entendre. Que ne les ai-je imités ?
Dan ces lacs desséchés dont je viens de vous parler, dans ces marécages couverts de mousse, habite le caribou qui vient y trouver sa nourriture. Le caribou est la principale nourriture du Naskapis. Il aime aussi la perdrix blanche. Quand il a faim, il mange toute ce qu'il trouve, renard blanc, jaune et noir, loutre, marte et même le loup. Les Naskapis ont maintenant des fusils pour tuer le caribou et des pièges pour prendre les animaux à fourrures précieuses. Autrefois avec leurs flêches et leurs lacets, ils approachaient plus facilement les animaux sauvages non effrayés et vivaient mieux qu'aujourd'hui. Les armes à feu ne sont qu'au profit du traiteur.
Le Naskapis (mot sauvage qui veut dire: je me tiens droit debout) est un homme de haute taille, vêtu de peaux de caribou, menant une vie errante. Il habite sous des tentes de peaux de caribou. Quant à ces croyances religieuses, le Naskapis sait qu'il existe un grand Esprit et que celui-ci a un antagoniste, l'esprit du mal qu'il redoute plus que le Grand Esprit.
*            *             *             *
Je dressai ma tente au milieu des leurs et commençai à les instruire. C'est un travail de 20 heures par jour et cela pour des semaines entières. On varie les exercice plusieurs fois dans la journée. L'enseignement de l'alphabet, du catéchisme, des prières, du chant, de l'administration du baptême, puis quelques sermons sur les grandes vérités, nous font paraître le temps bien court. Il faut beaucoup de patience pour instruire ces Sauvages dont l'intelligence ne s'elève pas du premier bond aux choses spirituelles. Aller leur parler de sacrement, de la grâce de Dieu, dans le langage de nos chaires canadiennes serait perdre son temps. Il faut user de periphrases. Le missionnaire qui travaille au milieu des nations infidèles a besoin,—le croiriez-vous ?—d'une science dogmatique plus qu'ordinaire et plus grande que celle qui, bien souvent, serait suffisante devant un auditoire déjà instruit des vérités de notre sainte religion. Il lui faut créer des mots d'un genre nouveau et bien se garder de ne pas dépasser les limites de l'orthodoxie. Son langage doit être précis, et s'il veut rester dans les généralités, il fera mieux de ne pas parler. Dès que vos Sauvages sont suffisamment instruits et qu'ils ont fait leur preuve, vous les admettez au saint baptême. Les Naskapis étaient presque tous polygames. A ma voix, ils se sont mis en règle avec l'Eglise catholique, quant à leur mariage ; un seul catéchumène est depuis retourne à son vomissement. Lors de mon premier séjour au milieu d'eux, j'eus le bonheur de faire cent vingt et un baptêmes. Ils me promirent d'être

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bons catholiques et je sais qu'ils tiendront parole. Ils ne veulent plus abandonner au milieu des bois leurs père et mère, ne plus faire la jonglerie et ne plus étouffer les personnes qui tombent dans le délire, comme c'était la coûtume au milieux d'eux. Je dois dire qu'ils sont encore affolés par de vaines craintes superstitieuses qui finiront par disparaître. Ils sont attachés à la robe noire, pleurent lors de son départ.
*            *             *             *
Je ne puis me résoudre à vous dire adieu. Au revoir donc quand mes occupations me le permettront.
ZACH. LACASSE, O.M.I.





No. 1217.
C

JURISDICTION OF THE VICAR APOSTOLIC OF THE GULF OF ST. LAWRENCE.

TRENTE CINQUEME ANNÉE LE CANADA ECCLESIASTIQUE. 1921.

Erigé en 1906, et confié à la Congrégation des RR. PP. Eudistes.

CIRCONSCRIPTION:

Ce vicariat s'étend au sud: depuis la rivière Portneuf (l'Ile d'Anticosti incluse) jusqu'au Blanc Sablon; de l'est: depuis le Blanc Sablon jusqu'à l'extrémité nord du Labrador; du nord depuis cette extrémité jusq'à l'entrée de la baie d'Hudson; à l'ouest: depuis la rive de la baie d'Hudson jusqu'à la baie James.



Administrateur: Le T. R. P. M. J. Leventoux, Pro-vicaire.



MISSIONS DU VICARIAT DU GOLFE ST-LAURENT.

N.B.—Toutes les missions de ce vicariat sont desservies par les RR. PP. Eudistes.

Pointe-aux-Esquimaux (Saint-Pierre): Le T. R. P. M. J. Leventoux, Pro-vicaire. RR. PP. Jos. Robin, Etienne Gallix, Eudistes.

Clark-City, Saguenay, P. Q. R. P. J. Brière, Eudiste.
Desserte: Ste-Marguerite.

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Rivière-Pentecôte, Saguenay, P. Q. (St. Patrice) : R. P. J. M.      Hulaud, Eudiste.
Dessertes: Godbout, Pointe des Monts, Baie Trinité, Ilets           Caribou,
Ile aux Œufs, Pointe aux Anglais.

Baie des Cêdres: R. P. Et. Régnault, Eudiste.
Rivière-au-Tonnerre, Saguenay, P. Q. (Saint-Hyppolite): R. P.      Louis Garnier, Eudiste.
Dessertes: Rivière-aux-Graines, Sheldrake, Chaloupe, Le           Dock.

Rivière-Saint-Jean, Saguenay, P. Q., (St-Jean): R. P. Joseph      Lestrat, Eudiste.
Dessertes: Longuepointe, Mingan et Magpie.

Sept-Iles, Saguenay, P. Q. (St-Joseph): R. P. Arth. Divet, Eudiste.
Desserte: Moisie.

Natashquan, Saguenay, P. Q. (Notre-Dame): R. P. Joseph Gallix,      Eudiste.
Dessertes: Aguanis, Baie Johann Beetz.

Lourdes-du-Blanc Sablon, Saguenay, P. Q., R. P. Francois Hesry,      Eud.
Dessertes: St. Joseph de Tabaquen, Gethsémani: d'Olumen, Ste-Anne de la Tête à la Baleine, Sacré-Coeur de Jésus de Bonne-Espérance, St-Augustin, Belles Amours, Brador.

Ile-d'Anticosti, Golfe St. Laurent, Gaspé, P. Q. (St-Alfred) Baie      Ellis; R. P. Rene Kerdelhue, Eudiste.
Dessertes: (Baie Sainte-Claire) et (l'Anse aux Fraises).

Betsiamis, Saguenay, P. Q. (Notre-Dame) et les missions      montagnaises, celles des Naskapis et des Esquimaux:
RR. PP. André Jauffret, Aug. Tortellier et Denis Doucet.



No. 1218
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EXTRACTS FROM “INDIAN LAND CESSIONS IN THE UNITED STATES.”*

BY CHARLES C. ROYCE.

How, then, are we to account for the fact that the relations of the French with the Indians under their control were, as a general rule, more intimate and satisfactory to both parties than those of other nations? Parkman has remarked that “The power of the priest established, that of the temporal

* Published in the 18th Report of the Bureau of American Ethnology (1896-97).

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ruler was secure. . . . . Spanish civilization crushed the Indian; English civilization scorned and neglected him; French civilization embraced and cherished him.” Although this can not be accepted as strictly correct in every respect, yet it is true that intimate, friendly relations existed between the French and their Indian subjects, which did not exist between the Spanish or English and the native population. However, this can not be attributed to the legal enactments or defined policy of the French, but rather to their practical methods.
Instead of holding the natives at arm's length and treating them only as distinct and inferior people and quasi independent nations, the French policy was to make them one with their own people, at least in Canada. This is expressly declared in the following extracts:
Colbert, writing to Talon, April 6, 1666, says:

In order to strengthen the Colony in the manner you propose, by bringing the isolated settlements into parishes, it appears to me, without waiting to depend on the new colonists who may be sent from France, nothing would contribute more to it than to endeavour to civilize the Algonquins, the Hurons and other Indians who have embraced Christianity, and to induce them to come and settle in common with the French, to live with them and raise their children according to our manners and customs.

In his reply, some seven months later, M. Talon informs Colbert that he has endeavoured to put his suggestions into practical operation under police regulations.
In another letter, dated April 6, 1667, Colbert writes to Talon as follows:

Recommendation to mould the Indians, settled near us, after our manners and language.
I confess that I agreed with you that very little regard has been paid, up to the present time, in New France, to the police and civilization of the Algonquins and Hurons (who were a long time ago subjected to the King's dominions,) through our neglect to detach them from their savage customs and to oblige them to adopt ours, especially to become acquainted with our language. On the contrary, to carry on some traffic with them, our French have been necessitated to attract those people, especially such as have embraced Christianity, to the vicinity of our settlements, if possible to mingle there with them, in order that through course of time, having only but one law and one master, they might likewise constitute only one people and one race.

That this was the policy favored by the King is expressly stated by Du Chesneau in his letter to M. de Seignelay, November 10, 1679. “I communicated,” he says, “to the Religious communities, both male and female, and even to private persons, the King's and your intentions regarding the Frenchification of the Indians. They all promised me to use their best efforts to execute them, and I hope to let you have some news thereof next year. I

[1927lab]



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