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chrétien s'était emparé d'eux à leur arrivée à N.W. River, et leur avait fait régulièrement le catéchisme et l'école. J'ai entendu cent quatre confessions, donné cinquante-une communions, baptisé cinq enfants, sept adultes, béni sex mariages. J'aurais pu baptiser quinze hommes de plus, si leurs femmes avaient été à N.W. River, mais elles se trouvaient à Pétatstékupau.
Là je pris les deux Naskapis qui devaient me conduire à Pétatstékupau et me redescendre aux Sept.-îles. En passant je m'arrêtai un instant à Winnaukupau. Ce poste était désert, j'avais laissé les sauvages qui le fréquentent à N.W. River. Le 30 août, nous arrivâmes à Pétatstékupau, où je trouvai cent-soixante âmes. Douze familles d'Hungava fatiguées de m'attendre étaient reparties; une quinzaine de familles n'avaient pas encore pu s'y rendre, à cause des tempêtes continuelles qui régnaient à la hauteur des terres. Voici le résultat de ma courte visite: trente confessions, trente-un baptêmes d'enfants, quarante-deux baptêmes d'adultes, six mariages, quatre bigames séparés. Si j'avais pu attendre l'arrivée de la berge que montaient les Naskapis que j'avais vus à N.W.-River, j'aurais eu trente baptêmes d'adultes de plus à faire.
Lorsque j'arrivai à N.W.-River, je trouvai là un certain nombre de Naskapis venus d'Hungava, qui me priaient de me rendre chez eux. Il y a là, me disaient-ils, bien des sauvages qui te demandent. Pour m'engager à m'y rendre ils disaient: “le pays est couvert de caribous; tu seras bien.” Ils pensaient me donner une raison très-forte, car manger du caribou, est le nec plus ultra du bonheur pour le Naskapis. Je désirais ce voyage et visiter ce poste, mais je ne pouvais le faire qu'avec l'autorisation de Monsieur Smith, gouverneur de ce district; je lui fis part de mon projet. Je désirerais beaucoup, lui dis-je, descendre de Pétatstékupau à Hungava au lieu de prendre la route des Sept-îles. J'espère pouvoir gagner ce poste, avant l'arrivée du steamer avec lequel je reviendrai et gagnerai St. Jean de Terreneuve, etc. Tout en approuvant beaucoup mon projet, il me dissuada de le mettre à exécution cette année-ci. Le steamer, me dit-il, manque de charbon, et ne se rendra pas à Hungava cette année; de sorte que, si vous faites le voyage que vous me proposez, vous serez obligé d'hiverner à ce poste. N'étant pas préparé à passer l'hiver dans les terres, je dus renoncer à mon projet.

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