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C


No. 1193.

ARCHBISHOP OF QUEBEC TO FATHER BELANGER.

Québec, 30 octobre 1850.
Rév. Mr. Bélanger,
Miss. Isles de la Madeleine.
Monsieur,
J'ai reçu vos lettres du 24 et du 27 août écrites de l'Anse au Blanc Sablon et de Labrador, et j'ai lu avec intérêt tout ce que vous me marquez du résultat de votre mission dans les différentes postes que vous avez visités. Je regrette que vous avez rencontré tant de gens qui montrent une si coupable indifférence pour les secours de la religion, dont ils ont pourtant un si grand besoin, et qu'ils devraient d'autant mieux apprécier qu'ils leur sont plus rarement offerts. Espérons toutefois que, témoins des efforts constants que l'on fait pour leur salut, ils en comprendront davantage l'importance, et qu'ils ouvriront leurs coeurs à la grâce qui leur est présentée par votre ministère.
Je serais bien aise que vous continuiez sur le territoire du Labrador l'oeuvre que vous y avez commencée, et j'applaudirai de bon coeur à la proposition que vous me faites d'y retourner le printemps prochain. Mais comme ce territoire est sous la jurisdiction de Mgr l'Evêque de Terreneuve et que vous vous trouvez dans le voisinage de ce Prélat, il convient que ce soit de lui que vous receviez cette mission. Vous aurez donc soin, aussitôt la présente reçue, de recourir à son autorité. Dans le cas que vous n'aurez pas reçu sa réponse à temps, je vous autorise à renouveler le printemps prochain votre expédition apostolique dans ces lieux abandonnés, et à user pour cet effet de tous les pouvoirs que vous aviez comme missionnaire des Isles de la Madeleine. . . .
Je suis bien édifié du zèle des habitants de        à batir une chapelle, mais je regrette d'avoir à vous dire que le fonds de notre société pour la propagation de la foi sont dans un état qui ne permet pas de leur venir en aide. Peut-être aurez-vous plus de succès auprès de Mgr de Terreneuve qui pourrait épargner pour cette bonne oeuvre une petite partie de l'allocation qu'il doit recevoir du centre de l'association de Lyon.
Dès que vous en aurez le loisir faites un rapport au même Prélat de l'état de la religion dans les différents postes que vous avez parcourus, car c'est bien lui qui est le premier pasteur. Informez-le en même temps que si je prends la liberté d'exercer quelque autorité sur cette partie de son diocèse, je ne le fais qu'à son défaut, en vertu d'un indult du St Siège accordé

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à l'Archevêque de Québec, à cause de l'impossibilité où se trouvoit son prédécesseur de visiter ces mêmes postes. Sa Grandeur trouvera sans doute parmi les papiers laissés par celui-ci plusieurs lettres qui lui furent addressées à ce sujet par Mgr Signay.
Au retour de votre prochaine visite, faites-moi connaitre ce que vous avez fait dans chaque mission, ce qui s'y seroit passé de plus remarquable et de plus édifiant, le nombre de confessions entendues, de communions administrées, de baptêmes données, de mariages célébrés, le nombre des communiants qui n'auroient pas été à confesse, celui des familles catholiques de l'endroit; c'est une espèce de journal que je vous invite à tenir. Par ce moyen on pourra édifier nos associés de la Propagation de la foi sur le compte des pauvres catholiques que renferme le Labrador.
Quand la présente vous parviendra, vous aurez probablement appris par les papiers publics la mort de Mgr Signay arrivée le 3 du courant. Une attaque de paralysie l'a enlevé au bout de deux jours de maladie. Il m'a laissé sur les bras un fardeau bien pesant.
Je vous salue, Monsieur, &c.
(signe) + P.F. ARCHEV. DE QUÉBEC.

Copie conforme aux Régistres de l'Arch. de Québec, Vol. 23, pp. 455-456.
B. PH. GARNEAU ptre.
Archiv.



No. 1194.
C

VICAR GENERAL CAZEAU TO BISHOP OF NEWFOUNDLAND.

Québec, 28 juin 1852.
Mgr l'Evêque de Terreneuve.
Monsiegneur,
Deux hommes de la côte Labrador, les nommés Gaumond et Boulé, résidant à l'endroit appelé Tabatière, sont venus me trouver en l'absence de Mgr l'Archevêque et de son coadjuteur, tous deux en visite pastorale, pour m'exprimer leur regret de ce qu'ils n'ont pas reçu la visite d'un missionnaire l'année dernière et leur crainte d'être encore privés du même bonheur cette année. Ils rapportent que, conformément aux instructions qu'ils avaient reçus de l'un de vos prêtres, Mr. Al. Bélanger, en 1850, ils ont préparé tout ce qu'il faut pour l'érection d'une chapelle, et qu'ils n'attendent plus que la présence d'un prêtre et ses directions pour terminer l'ouvrage. Mgr l'Archevêque pensait que Mr Bélanger devait continuer l'oeuvre qu'il a
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commencée et dont il s'etait chargé avec beaucoup de plaisir. Il faut que ce brave prêtre en ait été empêché par des raisons importantes. Quoi qu'il en soit, Mgr l'Archevêque, à qui j'en ai écrit, me recommande de faire connaitre à Votre Grandeur la triste position où se trouvent les catholiques de la côte de Labrador et leur ardent désir qu'elle soit améliorée par la visite régulière d'un prêtre. Ils seraient bien aise que ce prêtre put aller passer l'hiver avec eux, parce que tout le monde étant revenu de la pêche, un plus grand nombre de fidèles pourraient profiter de son ministère. Je soumets le tout humblement à la considération de V. G. qui, s'il en est besoin, pourra recevoir de Mr Bélanger tous les renseignements propres à l'éclairer sur cette partie de son diocèse.
Veuillez agréer, &c.

(signé) + C.F. CAZEAU, ptre, Vic. Gen.

Copie conforme aux Régistres de l'Archev. de Québec, Vol. 24, pp. 509.
B. PH. GARNEAU ptre.
Archiv.



No. 1195.
C

ARCHBISHOP OF QUEBEC TO FATHER SANTONI.

Québec, 11 octobre, 1852.
Rév. Père Santoni,
   Sup. des Oblats, Montréal.
Mon Révérend Père,
*            *             *             *
Quant à la mission à faire chez les Esquimaux, je suis bien aise qu'elle se fasse certainement, mais je vous prie de remarquer qu'elle est tout en dehors du diocèse de Québec et que je ne vois pas que notre association de la Propagation de la Foi puisse en faire les frais. Il est bien vrai que Mgr l'Evêque de Terreneuve vient de m'écrire pour me prier de me joindre à lui dans une supplique qu'il fait au St. Siège pour faire attacher au diocese de Québec la partie de la côte du Nord qui l'avoisine jusqu'à l'endroit appelé le Blanc Sablon, mais avec cet ajouté, s'il a lieu, nous n'atteindrons point encore ce qui s'appelle vraiement le pays des Esquimaux. Peut-être n'est-il question pour vos Pères que de faire la mission depuis la rivière St. Jean (limite actuelle du diocèse de Québec) jusqu'au Blanc Sablon; mais je ne vois pas encore que mon diocèse puisse en faire les frais que l'Evêque de Terre Neuve estime

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devoir monter à la somme de £150. Puis il faudrait que deux missionnaires fussent adjoints à ceux qui font aujourd'hui la mission de notre côte et qui, suivant les apparences, auront désormais de quoi s'occuper sans aller au-delà des limites du territoire jusqu'à présent commis à leurs soins. Inévitablement nous aurons à correspondre sur ce sujet d'ici à l'été porchain.
J'ai l'honneur d'être, &c.

(signe) P.F. ARCHEV. DE QUÉBEC.

Copie conforme aux Régistres de l'Archev. de Québec, Vol. 24, pp. 630-631.
B. PH. GARNEAU ptre.
Archiv.



No. 1196.
C

ARCHBISHOP OF QUEBEC TO FATHER DUROCHER.

Québec, 30 octobre, 1852.
Rev. Pere Durocher,
   Escoumins.
Mon Révérend Père,
*            *             *             *
On vous avait promis d'écrire au bureau principal de l'hon. compagnie de la Baie d'Hudson pour avoir raison du refus qui vous étoit fait du payement du salaire accoutumé de 100 guinées; on l'a fait et la réponse a été assez satisfaisante puisque l'on promet de payer, mais sur l'ordre qu'en donnera Mr. Gladman. Je suppose que ce Monsieur n'aura besoin que d'attester que la mission a été faite. On ajoute que si, à l'avenir, le salaire doit être supprimé, on en avertira d'avance.
Quant au résultat de la supplique présentée, il y quelque temps, par le bon Père Arnaud et les six députés, tout ce que je puis vous dire pour le moment est que le colonel Bruce est très bien disposé en faveur de vos sauvages et qu'il promet de faire ses efforts pour leur envoyer quelque secours de provisions avant la clôture de la navigation. Mais je vous avoue que ceci ne me plait qu'à demi parce qu'il n'annonce rien de stable pour l'avenir.
J'ai ecrit au Père Pinet au sujet de l'empêchement nouvellement découvert au mariage d'Albert Potvin. . . .
J'ai déjà écrit au Père Santoni au sujet de la mission de la Baie des
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Esquimaux; mais je trouve comme vous que nous ferions mieux de nous occuper des Naskapis, c'est-à-dire de ceux que nous sommes chargés d'évangéliser que d'aller travailler hors des limites du diocèse de Québec. Nous traiterons plus tard de cette grave question. Une chose dont je dois m'occuper pour le moment, c'est de la desserte des colons de MM. Hebert et Boucher pendant l'hiver prochain. Vos Pères de la Grande Baie ont renvoyé Mr. Herbert au Père Provincial sur ce sujet. Je vais lui en écrire au plus vite.
J'ai l'honneur d'être, &c.

(signe) + P.F. ARCHEV. DE QUÉBEC.

Copie conforme aux Régistres de l'Archev. de Québec, Vol. 24, pp. 641-643.
B. PH. GARNEAU ptre.
Archiv.



No. 1197.
C

ARCHBISHOP OF QUEBEC TO BISHOP OF NEWFOUNDLAND.

Québec, 22 nov. 1852.
Mgr. L'Evèque de Terreneuve.
Monsiegneur,
J'ai reçu bien longtemps après sa date la lettre que Votre Grandeur a bien voulu m'écrire le douze juillet dernier de l'Anse au Blanc Sablon pour me faire connaitre les raisons qui l'ont engagée à demander au St Siège de vouloir bien détacher du diocèse de Terreneuve pour l'annexer à celui de Québec la partie de la côte de Labrador comprise entre l'Anse ci-dessus mentionnée et la rivière St Jean. Si je n'ai pas répondu plus tôt à Votre Grandeur, c'est que je voulais auparavant recueillir tous les renseignements désirables sur les moyens qui peuvent être à ma disposition pour porter le fardeau que vous voulez m'imposer.
Tout bien considéré, Monseigneur, je vois qu'il m'est difficile de me soustraire à ce fardeau, et si le St Siege juge à propos de m'en charger, il faudra bien que je courbe les épaules. Je comprends que j'ai plus de facilité que Votre Grandeur de faire desservir les postes disséminés sur la partie de Labrador dont je viens de parler; mais il n'en est pas moins vrai que ma part est assez large, et que l'augmentation qu'on veut lui faire subir ajoutera de nouvelles difficultés à celles que j'éprouve déjà par suite de la rareté des prêtres. Si la divine Providence veut que mon troupeau devienne ainsi plus

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