The Labrador Boundary


Privy Council Documents


Volume VI
Contents




[28 Jany., 1845.]

[17 Sept, 1845.]

[25 July, 1846.]



p. 3025
C


No. 1184.

GOVERNOR SIMPSON TO WM. NOURSE, 28TH JANUARY, 1845.
[EXTRACT.]

RECORDS, HUDSON'S BAY COMPANY.

......“If the Indians persist in a desire to visit Mingan in order to meet a Roman Catholic Priest, you may state that, if they defer it for another year, we will endeavour to send a priest to their own lands, without putting them to the trouble or inconvenience of so long a journey. This can be done hereafter without inconvenience when the vessel winters in the St. Lawrence; but if the Priest were to go this season, by the second trip of the “Marten,” his stay would necessarily be short, that he could only see a few of the Indians immediately round Rigolet......”



No. 1185.
C

MISSION AMONG THE MONTAGNAIS.
FATHER DUROCHER TO FATHER GUIGUES, SUPERIOR OF THE OBLAT MISSIONARIES.

RAPPORT SUR LES MISSIONS DU DIOCÈSE DE QUÉBEC, July 1847, No. 7.

Grande-Baie, 17 septembre 1845.
Mon Reverend Pere,
Conformement au désir que vous m'avez manifesté, je vous envois le rapport succint de notre mission chez les Montagnais. puisse cette légère esquisse vous être agréable et vous servir de délassement au milieu de vos nombreuses occupations!
Comme vous le savez, les Montagnais, une des tribus de la grande famille algonquine, occupent le vaste territoire dont la longeur s'étend depuis le Saguenay jusqu'au dé de Belle-Isle, et la profondeur jusqu'à la hauteur des terres. Depuis la mort du R.P. De la Brosse, vingt-unième et dernier

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missionnaire jesuite, décédé à Tadoussac en 1782, les Montagnais avaient été desservis par des prêtres seculiers du diocèse de Québec. Le dernier de ces missionnaires M. Boucher de St. Ambrose (diocèse de Québec), avait, par son zèle infatigable et persévérant, régénéré cette tribu indienne naguère dégradée, en la faisant entrer dans la société de tempérance totale. Le langage de ce digne apôtre de la tempérance a été tellement persuasif que, depuis trois ou quatre ans que s'est opérée cette heureuse transformation, il ne s'est encore recontré qu'un seul cas d'infraction grave aux engagements qu'ils avaient pris.
A notre arrivée, nous dûmes nous livrer à l'étude de la langue de nos sauvages, pour pouvoir exercer notre ministère avec plus d'efficacité. Nos premiers maîtres furent les ouvrages des RR. PP. De la Brosse et Laure; mais malheureusement ces livres, composés il y a plus d'un siècle, ne sont plus en harmonie avec la langue actuelle. Deux mois consacrés à l'étude de ces anciens ouvrages ne servirent qu'à nous convaincre que tout était à refaire: grammaire, dictionnaire et cathéchisme. A l'aide de quelques interprètes que nous trouvâmes à Chicoutimi, ancienne résidence des RR. PP. jésuites, où nous passâmes l'hiver, nous pûmes composer un petit catéchisme et un cahier d'examen de conscience. Les rapports continuels que nous eûmes avec les Montagnais des Islets, en quartier d'hiver à Chicoutimi, nous mirent en état d'exercer avec fruit le saint ministère parmi eux. Comme la plus grande partie de ces pauvres Indiens n'avaient pas encore été admis à la participation de la divine eucharistic, nous les disposâmes à remplir ce devoir avec le respect dû à la dignité de ce sacrement.
Nous laissâmes la Grande-Baie le 13 mai, pour nous rendre à Tadoussac où nous devions nous embarquer pour nous rendre en droiture à Maskwaro; mais des raisons pressantes appelèrent à Montreal le R.P. Fisette, mon compagnon de voyage: j'eus ordre de faire, en attendant son retour, des missions dans les environs de ce poste. Des souvenirs précieux me faisaient chérir Tadoussac, jadis chef-lieu des missions montagnaises. C'est là que reposent les cendres du R.P. De la Brosse; c'est là qu'il avait composé la plupart de ses ouvrages montagnais. Les Indiens ne parlent qu'avec la plus grande vénération de cet homme vraiment apostolique. Leur devise était: Ne rien innover dans la religion que nous a prêchée le grande Tshitshisahigan; c'est ainsi qu'ils l'appellent.
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Nous arrivâmes à Godbout, accompagnés d'un grand nombre de nos chers Montagnais. Tous nous auraient suivis, si nous eussions fait le trajet en canot d'écorce. Notre séjour dans ce poste ne fut que de trois jours. Nous devions nous embarquer à bord de La Tadoussac, goëlette appartenant à la Compagnie de la Baie d'Hudson, et qui devait nous transporter à Mingan, en touchant aux Sept-Iles. Le temps que nous passâmes à la rivière Godbout fut employé à préparer les Indiens de ce poste à la mission que nous devions leur donner au retour de Mingan.
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Le 28 juin, le temps étant favorable, nous levâmes l'ancre pour nous rendre aux Sept-Iles. A notre arrivée dans ce poste, il nous fallut préparer

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un local pour y célébrer les saints mystères. Depuis long-temps les Indiens demandent, avec instances, que l'on construise une chapelle. Une croix avait été élevée sur le terrain où elle devait être érigée. Il serait à désiere que ce projet fut promptement exécuté; c'est à ce poste que viennent, de temps à autre, quelques familles Naskapis, nation infidèle qui demande, depuis vingt ans, d'être éclairée du flambeau de la foi. Ils semblaient nous dire, comme autrefois le Macedonien à l'apotre des nations: Transiens in Macedoniam, adjuva nos. Leur pauvreté les empêche de faire les frais du voyage. Que ne sommes-nous assez nombreux pour voler à leur secours! Parmi ces pauvres infidèles, j'en trouvai un qui était venu plusiers fois aux Sept-Iles, pour se faire instruire de la religion et recevoir le baptême: jamais il n'avait pu rencontrer le missionaire à temps. Toute sa science se bornait à savoir dire le chapelet: cette dévotion fut pour lui la cause de son salut. Après quelques instructions, il me dit: “Nama tehika shuelimen ni shéwélin? Est-ce que tu “ne me feras pas miséricorde, je n'ai plus rien à manger, je désire m'en retourner.” Je l'interrogeai sur les principaux mystères. Comme il ne pouvait répondre d'une manière précise, je me voyais dans l'impossibilité de lui accorder ce qu'il me demandait. Jetant un profond soupir, il se retire, gardant un morne silence. A huit heures, je vins dans le lieu de nos réunions pour y réciter l'office divin. Peu après mon arrivée, mon Naskapi entre avec sa femme, qui est chrétienne; tous deux récitent le chapelet à haute voix, puis se retirent. Le lendemain, de grand matin, ils se réunissent dans le même lieu, et récitent la même prière. Je ne doutai plus que celle qu'on n'implore jamais en vain, n'eut écouté ces humbles supplications. J'interrogeai de nouveau mon pauvre catéchumène; réponses précises à toutes demandes. Je lui conférai le sacrement de baptême en présence de nos Montagnais, puis je réhabilitai son mariage. Après le célébration des saints mystères, il donna, suivant l'usage du pays, l'accolade fraternelle, à la porte du lieu saint, à tous nos bons Montagnais qui avaient pris part à son bonheur.
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A dix heures, nous étions devant Mingan, à 136 lieues de Québec. Les Indiens, qui nous attendaient sur le rivage, m'etendant parler leur langue, s'écriaient: “Nehilowe anna! (Quoi! il parle notre langue).” Nous ne trouvâmes à ce poste que neuf familles montagnaises. Trois jours auparavant, un grand nombre de ces pauvres sauvages, pressés de la faim, avaient laissé le poste pour se rendre sur les îles voisines.
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Etant arrivés trop tard pour faire la mission de Maskwaro, et les Indiens ne venant pas nous rejoindre, nous résolûmes de terminer notre mission le plus tôt possible, afin de nous embarquer sur La Tadoussac, qui faisait voile pour les Sept-Iles. Nous annoncâmes notre départ à notre petit troupeau; nous ne pûmes les consoler qu'en leur promettant qu'à une autre visite notre séjour parmi eux serait de plus longue durée.
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La mission de Maskwaro que nous n'avons pu faire, celle de Mingan à-peu-pres nulle; les missions de Chicoutimi et du lac St. Jean, confiées à un prêtre zélé mais ne sachant pas la langue, et surtout les Naskapis, peuple infidèle qui demande, depuis si long-temps, d'être éclairé du flambeau de la foi, démontrent évidemment que le nombre des missionnaires devrait être au moins double.
Je dois encore vous faire observer, mon révérend Père, que les dons volontaires de nos pauvres Indiens ne peuvent plus suffire pour la réparation et la construction de leurs chapelles.
Daignez porter un regard sur nos pauvres missions, et agréer l'assurance du profound respect avec lequel.
Je suis,
Mon révérend Père,
Votre très-humble et très obéissant serviteur,

F. DUROCHER, Ptre.




No. 1186.
C

FATHER DUROCHER TO THE ARCHBISHOP OF QUEBEC.

MISSIONS DU DIOCESE DE QUEBEC.
Tadoussac, 25 juillet 1846.
Monseigneur,
L'Interet particulier que Votre Grandeur prend aux missions indiennes de son diocèse, me porte à croire qu'elle accueillera, avec bienveillance, le rapport de celles que nous venons de terminer. par son entremise, nous recûmes les secours de l'association de la Propagation de la Foi pour la construction d'une chapelle et l'impression de cantiques en langue montagnais; j'ose faire passer, par la même voie, l'expression de la reconnaissance de nos Indiens et la nôtre, et faire connaître à messieurs du conseil de l'oeuvre les bénédictions que le Seigneur se plait à répandre sur ces premiers habitants du sol canadien.
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Le 5 mai, nous arrivâmes aux Ilets de Jérémie; nous annonçâmes à ces bons habitants des forêts la visite épiscopale. C'était pour la première fois que le sacrement de confirmation allait être administré à la tribu montagnaise: déjà, il est vrai, un des illustres prédécesseurs de Votre Grandeur avait daigné se rendre à Portneuf, pour y célébrer la fête de Ste. Anne; mais, alors, les Indiens, livrés à l'intempérance et aux désordres qu'elle traine à sa suite, ne purent recevoir les dons de l'Esprit-Saint: même à une époque

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plus rapprochée il y a quatre ans, un évêque eut-il paru parmi ces peuples, il n'aurait pas donné la confirmation à une seule personne...chez le sauvage, les autres vertus sont les compagnons inséparables de la vertu de tempérance.
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La mission terminée, nous eûmes pendant dix jours consécutifs des vents contraires. Je profitai de ces moments de loisir pour traduire en montagnais les prières et les cantiques du chemin de la croix. Ce petit ouvrage imprimé serait chez nos Indiens d'un grand secours pour la sanctification du dimanche: au fond de leurs forêts, ils sanctifieraient ce saint jour par les exercises si touchants du Via crucis, et satisferaient à la justice divine, en gagnant les indulgences qui y sont attachées.
Le 7 juin, nous mouillâmes à mingan, diocèse de Terreneuve. Tous les sauvages vinrent nous recevoir au rivage, avec de grands transports de joie. Campés depuis quinze jours à ce poste, ils y attendaient notre arrivée: vainement le commis du lieu avait essayé de les envoyer à la chasse du loup-marin. “Nous ne partirons pas, lui dirent-ils, que nous n'ayions vu la robe noire. C'est pour avoir suivi de tels conseils que nous fûmes privés l'été dernier, des avantages de la mission.” En effet, l'an dernier, la plupart de ces pauvres gens n'arrivèrent au poste qu'après notre départ.
*            *             *             *
Nous nous disposions à quitter ce poste pour celui de Masquaro, qui est à 180 lieues de Québec, lorsque huit berges américaines vinrent mouiller dans le port de Mingan. Nos bons Indiens de Masquaro, impatients de voir les missionnaires, venaient à leur rencontre. Pour se procurer cet avantage, ils avaient franchi une distance de 57 lieues; belles dispositions nous firent bénir la divine providence qui accélérait ainsi notre retour aux Ilets de Jérémie.
L'arrivée des Masquaroniens, en nous comblant de joie, fut pour nous un surcroît d'occupations: deux cents Indiens se pressaient autour de nous pour entendre, avec avidité, les paroles de la vie éternelle. Le jour ne suffisant plus à entendre les confessions, il fallut y donner une partie des nuits. Comme c'était un temps précieux pour la chasse du loup-marin, nous nous hâtâmes de terminer la mission. La plupart de ces sauvages n'avaient pas encore fait leur première communion; il fallait les y disposer. C'etait pour la première fois qu'ils entendaient un missionnaire parler leur langue; ses paroles faisaient une vie impression sur leurs coeurs bien disposés: les nouveaux cantiques répétaient les vérités du salut qu'ils avaient entendues dans nos instructions, et les gravaient dans leur esprit et dans leur coeur. Nous étions aidés par les Indiens de Mingan, qui faisaient la fonction de catéchistes, et ils continuaient leurs instructions bien avant dans la nuit. Sept jours après l'arrivée des Masquaroniens, les trouvant suffisamment instruits, nous les admîmes à la participation de la divine eucharistie.
Deux jours après l'octave de la Fête-Dieu, nous étions aux Sept-Iles, à lieues au-dessus de Mingan. Nous ne trouvâmes dans ce poste qu'un petit nombre de familles mantagnaises; la plupart étaient parties pour les

[1927lab]



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