The Labrador Boundary


Privy Council Documents


Volume VI
Contents




[6 March, 1838.]

[1 May, 1838.]

[9 May, 1844.]



p. 3015
C


No. 1178.

BISHOP OF QUEBEC TO MGR. FLEMING, APOSTOLIC VICAR, NEWFOUNDLAND

Québec, 6 mars 1838.
A Mgr Fleming, Ev. de Carpa,
Vic. Apost. de Terreneuve.
Monseigneur,
J'eus l'honneur d'écrire plusiers fois à V. Grandeur, il y a près de cinq ans, afin de solliciter pour les prêtres que j'envoie visiter, chaque été, les sauvages de cette partie de mon diocèse qui est séparée du votre par la rivière St Jean le pouvoir d'exercer le saint ministère en faveur des sauvages soumis à votre juridiction, qui sont établis dans le voisinage de cette rivière. Ne recevant de V. G. aucune réponse à ces lettres, je fus obligé de recourir au St Siège qui, par un indult du 18 août 1833, m'accorda les pouvoirs dont j'avais besoin, comme je me fis un devoir de vous en informer par la lettre du 4 avril 1834.
Depuis cette date, des marchands m'ont appris que d'autres sauvages appartenant aussi à votre juridiction (ils habitent la Baie des Esquimaux), mais bien éloignés de la limite qui sépare votre juridiction de la mienne, seraient disposés à recevoir la semence de la foi si quelque prêtre leur était envoyé, et me pressent de leur rendre ce service. Jusqu'à présent je me suis défendu sur ce que ces pauvres infidèles n'appartiennent point à mon diocèse, et sur ce que je n'avais point de prêtre dont je puisse disposer en leur faveur, quand même ils feraient partie de mon troupeau. Comme ils sont sujets de Votre Grandeur, je crois devoir vous faire connaitre leurs dispositions afin que vous leur procuriez l'assistance d'un ministre évangélique, si vous en avez à votre disposition. Il n'est pas hors de propos que vous sachiez que des Frères Moraves sont établis parmi eux, et s'efforcent, sans beaucoup de succès à la vérité, de leur enseigner leurs erreurs.
Cependant, comme V. Grandeur n'a peut-être pas de prêtre à leur envoyer, j'aimerais à être autorisé à la suppléer, dans le cas où le nombre de mes prêtres venant à augmenter, j'en pourrais trouver un ou plusiers qui fussent assez zélés pour entreprendre une si pénible besogne. C'est pourquoi je prie V.G. de m'envoyer des pouvoirs suffisans, non seulement pour les sauvages dont je viens de parler, mais encore pour tous les fidèles ou infidèles qui habitant le territoire qui a été annexé au Vicariat Apostolique de l'Isle de Terreneuve par la Bulle de N.S. Père le Pape Pie VII, en date du 1 février 1820. Le prêtre qui seroit envoyé à la Baie des Esquimaux

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pourrait probablement avoir occasion d'exercer son ministère dans d'autres parties de ce territoire.
Votre Grandeur peut être convaincue que ce n'est par aucun esprit d'empiétation que je lui fais la présente demande, mais par le seul désir de procurer la gloire de Dieu, en le faisant connaitre par de pauvres âmes qui sont peut-être exposées à ne le connaitre jamais, ou à tomber, en le connaissant, dans des erreurs qui ne leur seraient guères plus favorables que l'infidélité.
Toutefois, Votre Grandeur voudra bien comprendre que je ne me charge point de pourvoir aux besoins spirituels des sauvages en question, mais que je m'efforcerai d'y pourvoir autant que mes moyens me le permettront, si leur évêque est privé des moyens de le faire.
V.G. voudra bien me faire la faveur de répondre aussitôt que possible à la présente.
J'ai l'honneur &c.

(signé.) + JOS. EV. DE QUÉBEC.

Copie conforme aux Régistres de l'Archevêché de Québec, Vol. 18, p. 243-244.
B. PH. GARNEAU ptre.
Archiv.



No. 1179.
C

BISHOP OF QUEBEC TO CURÉ AT L'ANGE GARDIEN.

Québec, 1 mai 1838.
A Mr Boucher,
curé à l'Ange Gardien.
Monsieur,
La présente est pour vous faire savoir qu'outre la mission des postes du Roi, vous serez désormais chargé de celle de Portneuf, Mingan et autres lieux à l'est de la rivière St Jean, laquelle dépend de la juridiction de Mgr Fleming, Evêque de Carpa, Vicaire Apostolique de Terreneuve. Ayant reçu juridiction sur cette mission par un indult du St Siège en date du 18 août 1833, je vous autorise à y exercer tous les pouvoirs que vous avez reçus de moi le 7 mai 1834, pour la mission des Postes du Roi.
Quand vous accordez quelque dispense en conformité au 8e article de vos pouvoirs, vous ferez mention dans l'acte de mariage que vous dresserez, que c'est en vertu d'un indult de St Siège qui nous a été accordé pour dix

p. 3017

ans, le 1 juin 1834, à la place de celui du 13 mars 1833 qui est mentionné dans cet article, et vous aurez égard aux autres clauses du même article. Ceci s'entend des Postes du Roi.
Quant à Portneuf, Mingan, &c., vous observerez la teneur du 8e article de vos pouvoirs, excepté qu'au lieu de citer dans vos actes l'indult du 13 janvier 1833, vous citerez celui de 18 août 1833 qui me donne juridiction dans ces endroits.
Mr Doucet, curé de l'Ile Verte, va être chargé du poste de Chicoutimi dont vous n'êtes pas capable de prendre soin. Ne manquez pas de donner à ce Monsieur tous les renseignements dont il aura nécessairement besoin pour que sa mission soit profitable aux sauvages qui doivent recourir à son ministère.
Je suis &c.

(signé.) + JOS. EV. DE QUÉBEC.

Copie conforme aux Régistres des lettres l'Archevêché de Québec, Vol. 18, pp. 296-297.
B. PH. GARNEAU ptre.
Archiv.



No. 1180.
C

BISHOP OF QUEBEC TO MONSIEUR DE JESSÉ.

Québec, 9 mai 1844.
A Monsieur de Jessé,
Présid. de la Prop. de la foi, à Lyon.
Monsieur le Président,
J'ai l'honneur de vous accuser réception des deux lettres que vous avez eu la bonté de m'écrire par ordre du Conseil de Lyon, la première le 4 décembre 1843, et la seconde le 4 mars dernier.
A la réception de la première, j'ai été heureux d'apprendre que le Conseil avait bien voulu se rendre aux observations que je m'étais permis de lui faire dans ma lettre du 10 octobre 1843, et qu'il laissait à la libre disposition du Conseil de Québec la totalité des sommes recueillies dans la diocèse jusqu'à l'époque de la cloture de ses comptes, au 1 novembre 1843. Avant l'arrivée de cette lettre, Mr le trésorier Parant s'était conformé aux désirs du Conseil en envoyant à Lyon l'état de sa recette à l'époque cidessus mentionnée.
Monseigneur de Juliopolis, à son retour d'Europe, m'a communiqué les propositions qui lui avaient été faites par le Conseil de Lyon touchant l'accession de notre oeuvre à l'oeuvre générale, sauf toutefois l'approbation du

p. 3018

Conseil de Paris. Comme il m'a informé en même temps que le Conseil de Paris n'avait pas jugé à props d'approuver toutes ces propositions, j'ai dû attendre qu'il m'en fût communiqué de nouvelles approuvées des deux Conseils. Votre lettre du 4 mars m'ayant fait connaitre les conditions sur lesquelles les deux Conseils désirent quel'union soit basée, je me suis empressé de les communiquer aux membres de notre Conseil particulier et il m'est agréable de vous annoncer que ceux-ci les ont acceptées sans hésitation, persuadés que les Conseils centraux ne négligeront pas les intérêts de nos missions chaque fois qu'il sera question de faire la répartition des aumônes de l'association entre les missions des deux mondes. La résolution que j'ai l'honneur de vous transmettre avec la présente vous donnera la preuve de l'acquiescement de notre Conseil à l'union telle qu'elle est proposée par les Conseils centraux.
Le diocèse de Quebec, quant à la partie de son territoire colonisée depuis longtemps, étant un diocèse regulièrement établi et se trouvant à peu près sur le même pied que les diocèses de France, je suppose que les renseignements que vous me demandez doivent se borner aux missions du diocèse qui ont besoin d'être secourues par l'Oeuvre de la propagation de la foi.
Les missions du diocèse comprennent (je ne parle pas des missions de la Rivière Rouge et de la Colombie qui viennent d'être separées de mon diocèse et aux besoins desquelles les Conseils centraux de Lyon et de Paris veulent bien pourvoir) le territoire habité par les sauvages infidèles ou convertis à la foi et les établissements nouvellement colonisés, soit par nos compatriotes canadiens, soit par des émigrés venus de la Grande Bretagne et surtout de l'Irlande. Sept prêtres sont employés chez les sauvages, et quinze dans les nouveaux établissements du pays, soit permanemment, soit pendant une partie de l'année seulement. Je dois dire que ce nombre de prêtres est insuffisant; il en faudrait un plus grand nombre pour répondre à tous les besoins.
Il y a 26 chapelles dans ces missions, et 6 sont sur le point d'être construites ou sont déjà commencées. Je m'efforcerais d'en faire construire beaucoup d'autres si j'avais des prêtres en nombre suffisant pour les faire visiter, persuadé que le Conseil de Lyon me viendrait en aide avec liberalité dans cette enterprise.
Deux des missions chez les Sauvages se font exclusivement aux frais de l'Association. Quant aux autres, l'Association ne fait qu'ajouter aux contributions des fidèles ce qui est nécessaire tant pour le soutien et les frais de voyage des missionnaires que pour l'érection et l'ornement des chapelles; quelques missionnaires ne reçoivent qu'une juste indemnité pour leurs frais de voyage.
Comme je vous l'ai dit plus haut, le nombre des prêtres que j'ai à ma disposition est insuffisant pour les besoins de mon diocèse. Il s'y forme incessamment de nouveaux établissements, et je vois bien clairement que si les vocations ecclésiastiques ne deviennent pas plus nombreuses bien des âmes seront en souffrance. Pour remédier à ce mal, je me propose de me servir des secours que les Conseils de Lyon et de Paris voudrant bien allouer à mon diocèse pour faire étudier des jeunes gens pauvres qui montreraient des dispositions à se consacrer à l'oeuvre des missions. J'en ai déjà un bon nombre sur mes charges, mais il n'est pas en proportion avec les besoins que je vois dans l'avenir. Je

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crois vous avoir déjà informé dans une lettres précédents que, pour porter un secours plus efficace aux fidèles parlant la langue anglaise, j'ai dessein d'envoyer quelques uns de mes jeunes clercs faire une partie de leurs études théologiques dans quelque Séminaire des Etats Unis, pour qu'ils puissent s'y mettre au fait de cette langue dont la connaissance devient de plus en plus nécessaire au clergé canadien.
J'ai encore dessein de fonder à la Grande Baie sur la rivière Saguenay, poste situé à environ 60 lieues de cette ville, une maison de prêtres de la congrégation des Oblats (dont la maison-mère est dans le diocèse de Marseille) pour prendre soin des sauvages des établissements qui se forment rapidement sur les bords de cette grande rivière. J'espère que dès l'automne prochain deux et même trois de ces bons Pères pourront aller y établir leur résidence.
Vous voyez, Monsieur, par les projets que j'ai en vue, par le nombre de nos missions, de nos chapelles finies ou en construction, par l'accroissement rapide de la population dans les terres encore vierges de notre pays, quelle est à peu près la mesure des secours que nous attendons des conseils centraux. Nous avons d'autant plus de besoins d'avoir part à sa libéralité que les ministres de l'erreur soudoyés par des sociétés formées en Europe, font plus d'efforts pour pervertir nos co-religionnaires, surtout dans les nouveaux établissements où les catholiques étant mêlés avec les protestants courent plus de dangers pour leur foi. Quelques uns de ces ministres ont été mondés de la Suisse dans le but avoué de travailler à la perversion des Canadiens français.
Maintenant si le Conseil désire savoir sur quelle allocation nous croyons pouvoir compter pour faire face aux dépenses de nos missions pour l'année prochaine, je me permettrai de lui exprimer qu'une somme égale à celle dont nous lui avons rendu compte en 1842 ferait probablement notre affaire, et nous mettrait surtout en état de réaliser mes projets par rapport à l'établissement d'une maison d'Oblats sur le Saguenay. Au reste, si j'émets un semblable voeu c'est que j'y ai été encouragé par le rapport que m'a fait le digne évêque de Juliopolis des dispositions favorables des deux Conseils à l'égard de nos missions.
La population catholique de tout mon diocèse est d'un peu plus de 200,000 âmes; mais je n'ai pas assez de données pour vous faire connaitre celle que renferment nos missions. Quant aux infidèles qui y sont renfermés, il m'a été impossible jusqu'à présent de pouvoir en connaitre le nombre parce qu'il n'y a pas de rapport entre le pays où ils habitent et l'intérieur du diocèse. Mais il doit être très restreint à present que le territoire du Nord-Ouest et celui de la Colombie n'appartiennent plus au diocèse de Québec.
Les ballots qui renferment las Annales qu'on a bien voulu nous envoyer de Lyon ne nous sont pas encore parvenus; mais nous les attendons de jour en jour de New York. Ceux qui ont été expédiés il n'y a pas longtemps, du Havre à New York par Mr Legros à MM. Lasalce et Cie, ont été soumis à un droit de 45 piastres à la douane de cette dernière ville; mais nous avons fait faire des démarches pour obtenir, s'il est possible, la remise de ce droit exorbitant. Je prie Mr le Secrétaire du Conseil de Lyon de vouloir bien adresser les ballots qu'il nous enverra à l'avenir à Mr. Cazeau, Secretaire du

[1927lab]



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