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observé même dans leurs jours de fêtes, tel que le nouvel an, les jours gras, les festins publics au retour de la chasse et quand l'huile s'apporte; 2.—que l'on ne permette aux engageés canadiens et autres aucune communication avec les sauvages, excepté celles qui sont absolument nécessaires; parcequ'on a reconnu que ces fréquentations inutiles tournoient toujours au prejudice des sauvages et de la société. Le moyen de procurer les choses ey-dessus demandées seroit de choisir pour commis des hommes de bonnes moeurs, assez fermes pour en imposer à leurs engagés, et assez soigneux pour verser eux-mêmes, ou faire verser devant eux, le rum aux sauvages dans tous les cas où il est raisonnable de leur en donner.
Quant à la subsistance et aux appointements du missionnaire, voici ce que pratiquoit l'ancienne compagnie. Elle lui donnoit annuellement la somme de 1400ll ou 50 guinées, payable au ler d'octobre. Elle l'envoyoit chercher au printemps, à Rimouski, ou payait sa traversée, le fesant conduire en canot de poste en poste pendant tout le temps de la mission; et à la fin de juillet, le fesoit reconduire à Rimouski, ou payoit encore sa traversée. Pendant tout le temps de la mission, il étoit nourri, logé et fourni de lit par la Compagnie. Il espère que les nouveaux associés ne feront pas moins.
Les postes de Mingan et de Maskouarau, qui font partie du total cette mission, ne se trouvant pas compris dans votre lot, mais en la possession de Mr Grant, ce Monsieur est convenu de payer pour sa part la somme annuelle de deize guinées en déduction des 50, de faire prendre le missionnaire par ses canots aux Sept Iles, dans le temps qu'il a coutume d'y arriver, et de le faire reconduire, après le voyage de Mingan et de Maskouarau, pendant lequel il le defrayoit, nourriroit &c, comme feront les associés des autres postes.
Les anciens Bourgeois aidoient à batir les chapelles. Il n'y en a pas à la riviere Godbout, aux Sept Iles, à Napensipon; et ce défaut gêne beaucoup le missionnaire. Un mot de votre part aux commis et engagés de chacun de ces endroits suffiroit pour leur faire lever à très petit frais une batisse d'environ vingt pieds sur quinze: le reste, l'église le feroit à ses propres frais.
Voilà, Monsieur, ce que j'avois à vous dire, si j'avois pu me procurer le plaisir de vous voir. Je vous prie d'être bien convaincu que tout ce que je vous écris, ce que j'observe, ce que je désire, ne tend, dans mes motifs, qu'à l'avantage des Sauvages et au bien de la Société. Je souhaite votre réponse avant jeudi.

Je suis &c.,

(signé). + P. EVÊQUE DE QUÉBEC.

Copie conforme aux Régistres de l'Archev. de Québec, vol. 4, pp. 133-134.

B. PH. GARNEAU ptre.
Archiv.

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