The Labrador Boundary


Privy Council Documents


Volume VI
Contents




[27 March, 1659.] XVII. Lettres patentes. Fin de la Puissance des princes.

XVIII.
Résumé des négociations pour l'établissement d'un évêque en Canada.

XIX.
Clauses des lettres patentes.

(*) Archives du séminaire de Québec, vol. intitulé: Affaires & diffivultés avant 1720. Lettres patentes du 27 mars 1659.

[1661.]



p. 2983
C


No. 1159.

EXTRACT FROM LETTERS PATENT, 27th MARCH,       1659, OF THE KING OF FRANCE RELATIVE TO THE       ESTABLISHMENT OF A BISHOP IN CANDADA.



(HISTOIRE DE LA COLONIE FRANCAISE EN CANADA, (PAR L'ABBÉ       FAILLON) VILLEMARIE : BIBLIOTHEQUE PAROISSIALE, 1865. Tome       II, p.331).

“Les grâces & les bénédictions infinies que Dieu verse continuellement sur notre personne & sur notre état, dit le jeune monarque, nous obligent, sur tous les Souverains de la terre, de prendre un soin particulier d'employer pour l'avancement de sa gloire & de son honneur la puissance qu'il nous a donnée. C'est pourquoi, désirant rendre à Sa Majesté divine une partie des reconnaissances que nous lui devons pour tant de faveurs , nous avons estimé que nous ne pouvions mieux nous acquitter de ce devoir qu'en soutenant les intérêts de la religion, & en étendant même nos soins sur les nations barbares & infidèles, pour coopérer à ce qu'elles soient appelées à la connaissance de son nom & dans le sein de son Eglise: sachant d'ailleurs que Dieu n'élève les Rois sur la terre, pour le gouvernment des peuples, que dans le dessein d'en faire les instruments de sa Providence, en se servant de leur zèle & de leur autorité pour établir son empire & étendre le culte de la vraie religion. C'est à quoi nous sommes encore excité par les exemples de piété que nous a laissés le feu Roi, notre très-honoré seigneur & père, & par les instructions que nous a données, dès notre enfance, la Reine, notre très-honorée dame & mère, qui n'a pas eu plus de soins de maintenir notre autorité & la grandeur de cette couronne que de nous inspirer par sa vertu singulière, avec ces saintes maximes, le zèle du service de Dieu & la gloire de son Eglise.
“Ainsi, ayant été averti que la religion, qui commence à s'établir & à se répandre dans les provinces de Canada, ne peut être avancée ni maintenue qu'en y faisant l'érection d'un évêché, afin d'en pourvoir quelque personne d'un grand mérite, qui puisse, avec l'autorité de ce divin caractère & par l'usage de sa juridiction, donner la perfection à cet ouvrage si heureusement commencé: cette considération nous a porté à inviter notre Saint-Père le Pape à faire l'erection d'un siège épiscopal dans ces provinces éloignées. Mais Sa Sainteté ayant jugé que les choses nécessaire à cet établissement ne se trouvaient pas encore en ce pays, & qu'il y avait danger que, la dignité épiscopale n'étant pas honorée avec le respect qui lui est dû, l'Eglise n'en reçut quelque désavantage, nous avons fait instance

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“pour qu'il plût à Sa Sainteté de donner ordre aux nécessités de cette Eglise naissante, par les voies qu'Elle jugerait les meilleures. Sur quoi, nous ayant offert de nommer Vicaire apostolique le sieur de Laval de Montigny, pourvu de l'évêché de Pétrée, pour faire toutes les fonctions épiscopales dans l'entendue de la Nouvelle-France, nous l'avons accepté, & ensuite les Bulles lui ont été expédiées.
“Ayant donc mis cette affaire en délibération dans notre Conseil, où la Reine, notre trés-honorée Dame & Mere, notre très-cher & très-aimé Frère le duc d'Anjou, & autres princes & seigneurs, nous avons, de notre autorité royale, déclaré & nous déclarons par ces présentes, signées de notre main, que nous voulons & qu'il nous plaît que le sieur de Laval de Montigny, évêque de Pétrée, soit reconnu par tous nos sujets, dans les dites provinces, pour faire les fonctions épiscopales, sans préjudice des droits de la juridiction ordinaire; & cela, en attendant l'érection d'un évêché, dont le titulaire sera suffragant de l'archevêque de Rouen, du consentement irrévocable duquel nous avons accepté la dite disposition de notre Saint-Père le Pape; car tel est notre bon plaisir.

“LOUIS.” *



                         No. 1160.                                   C

NEW MISSION TO THE KILISTINONS,

CALLED S. FRANÇOIS XAVIER, TOWARDS HUDSON'S BAY.



JESUIT RELATIONS,VOL. XLVI, CHAP. III.

*            *             *             *
Nous sçavons, il y a long temps, que nous auons à dos la Mer du Nort, habitée par quantité de Sauuages, qui n'ont iamais eü connoissances des Europeans; que c'est cette Mer, qui est contiguë à celle de la Chine, & qu'il n'y a plus que la porte à trouuer; que c'est là que se voit cette fameuse baye, large de soixante & dix lieües, & profonde de deux cens soixante, découuerte, pour la première fois, par Husson, qui luy a donné son nom , sans qu'il en ait receu d'autre gloire, que d'auoir le premier frayé un chemin, qui se termine à des Empires inconnus; c'est en cette baye que se trouuent, en certains temps de l'année, quantité de Nations circonuoisines, comprises sous le nom general des Kilistinons.
Tout l'hiuer dernier, vn Capitaine Nipissirinien nous entretint amplement du nombre de ces peuples, de la situtation, & du temperament du païs, & sur tout d'vne foire generale, qui s'y deuoit tenir l'Esté suiuant, à laquelle nos Sauuages de Kébec, & de Tadoussac estoient invitez. C'estoit là une belle


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occasion, pour aller nous-mesmes prendre les connoissances, que nous n'auons eu iusqu'à present, que par le rapport, assez peu fidele, des Sauuages: Connoissances, au reste, importantes, & curieuses; tant pour sçauoir au vray les longitudes, et les latitudes de ce nouueau païs, desquelles dépend en partie le fondement qu'on a d'y trouuer passage vers la Mer du Japon; comme aussi, pour voir les lieux, les moyens de trauailler efficacement à la conuersion de ces peuples.

LETTRE ECRITE AU R. P. HIEROSME LALLEMANT, SUPERIEUR DES MISSIONS DE LA COMPAGNIE DE IESUS, EN LA NOUUELLE FRANCE.

De Nekouba, à cent lieues de Tadoüssac, dans les bois, sur le chemin de la Mer du Nort, ce deuxiéme de Iuillet 1661.
Mon R. Pere,
PAX CHRISTI

*            *             *             *
Les trois iours suiuans, s'employent à passer des Lacs, puis à chercher dans le bois, des riuieres, puis rentrer dans d'autres Lacs, & dans d'autres riuieres, qui nous portent enfin à Nekouba, qui est, comme i'ay dit, le milieu des deux Mers, de cette du Nort, & de celle de Tadoussac. Nous trouuons pour la latitude quarante-neuf degrez, vignt minutes, & pour sa longitude trois cent cinq degrez, dix minutes, puisque de Tadoussac, tirant au Noroüest quart d'Oüest, nous rencontrons le Lac S. Iean, aprés trente-cinq lieües du plus court chemin; & de ce Lac, dont la latitude est quarante-huit degrez, trente minutes, & la longitude trois cent sept degrez cinquante minutes, tirant encore au Noroüest quart d'Oüest, nous nous trouuons icy, ayant fait enuiron quarante-cinq lieües en ligne droite.
Au reste, Nekouba est un lieu celebre, à cause d'vne Foire qui s'y tient tous les ans, à laquells tous les Sauuavges d'alentour se rendent pour leurs petit commerce. Voicy l'accueil que nous firent soixante hommes, qui nous y attendoient, & qui se mirent en estat de nous receuoir à la mode du pays.   .   .   .   .
Au reste, nous auons veu des peuples, de huit ou dix nations, dont les vnes n'auoient iamais ny veu de François, ny entendu parler de Dieu; les autres, qui auoient esté baptisées autrefois à Tadoussac, ou au Lac de S. Iean, gemissoient depius plusiers années, aprés le retour de leurs Pasteurs. Nous auons donc la consolation, d'auoir fait entendre l'Euangile, pour la premiere fois, à diuerses nations, dont plusiers enfans ont esté baptisez, plusieurs adultes instruits, plusieurs penitens reconciliez par the Sacrement de Confession, et toute cette pauure Eglise vagabonde, a esté fortement encouragée à perseuerer dans la Foy.   .   .   .   .

[1927lab]



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