The Labrador Boundary


Privy Council Documents


Volume VI
Contents




[1 May., 1851]

[26 Dec., 1851]

[26 Dec., 1851]



p. 2810
C


No. 1121.

PLEA OF ARCHBISHOP OF QUEBEC
ON BEHALF OF MONTAGNAIS INDIANS

L'Hon. Lafontaine,                                         Québec, 1 mai, 1851.
Proc. Gen., Toronto.

Monsieur,
Mgr l'Archevêque vient d'adresser une lettre au Gouverneur pour le prier de nouveau de s'occuper du sort de nos sauvages Montagnais des Postes du Roi sur le St Laurent. Comme cette lettre sera probablement soumise aux délibérations du Conseil exécutif, permettez-moi de vous faire connaitre les différentes démarches qui ont été faites depuis quelques années en faveur de ces pauvres sauvages et les espérances qu'on leur a données.
En 1845, ils adressèrent une pétition à la Législature pour demander qu'on leur fit une réserve de terre à la Baie des Outardes ; mais il ne leur fut fait aucune réponse.
En 1846, ils envoyèrent une députation à Montreal pour réitérer leur demande. La députation arrivée à Montreal pendant la session de la Législature fut bien accueillie par le Gouverneur Général qui promit qu'on feroit justice à la demande qu'elle étoit chargée de renouveler.
En 1848, le Rev. Père Durocher, leur missionnaire, fut délégué par eux au siège du Gouvernement pour presser l'exécution des promesses qu'on leur avait faites. La Législature étoit alors en session. Interpelé dans l'Assemblée législative par Mr Latarrière, représentant du Saguenay, vous declarâtes que deux terreins seraient donnés aux sauvages Montagnais, l'un sur le lac St Jean, et l'autre sur les bords du St Laurent ; mais que quant à un octroi d'argent pour aider les sauvages à former un établissement, cette question étoit encore sous considération.
En 1850, les Sauvages présentèrent une nouvelle pétition à l'Exécutif, accompagnée d'une carte du territoire dont ils désiroient avoir la propriété; mais cette nouvelle démarche de leur part n'eut pas plus de succès que les précédentes.
Il importe de vous faire observer que la Baie des Outardes demandée par les Sauvages est le dernier endroit du nord du fleuve, plus bas que le Saguenay, dont les terres soient propres à la culture et qu'au-delà le climat est trop rigoureux pour qu'on en puisse cultiver la terre avec quelque chance de réussite. Cependant depuis que les Sauvages ont commencé à faire des démarches auprès du Gouvernement pour demander qu'on leur donne la

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Baie des Outardes, des agents de Mr Price y ont fait faire deux abattis, l'un à l'embouchure de la rivière des Vases, l'autre à quelque distance dans l'intérieur, auprès d'une chute qui présente un pouvoir d'eau assez considérable. Ils ont même fait ouvrir une ferme à un mille environ de la rivière Papinachois, à l'entrée du territoire demandé par les Sauvages.
Le Gouvernement peut avoir des renseignements certains sur le terrein dont je viens de parler de l'agent des Terres de la couronne, Mr George Duberger, qui a entre les mains les plans du terrain demandé par les Sauvages, et qui est Bien au fait de leurs besoins.
Je ne dois pas vous cacher que, d'après les rapports qui nous arrivent, les Sauvages, à l'instar des blancs qui leur en donnent l'exemple et le conseil, sont disposés à empêcher qu'on ne s'empare du terrein qu'ils réclament et dont ils se sont mis en possession depuis plusieurs années et où même ils ont déjà fait quelque culture. Etant les premiers occupants, ils ne feraient que pratiquer tous ceux qui s'établissent sans permission préalable sur les terres du Gouvernement, et au sçu même du gouvernement. Cependant il seroit à craindre qu'il ne fut commis sur les lieux des actes de violence déplorables; et il est digne de la sollicitude du Gouvernement d'empêcher ce desordre, tout en rendant à nos pauvres Sauvages la justice qu'il leur a promise solennellement.

J'ai l'honneur d'etre &c.

(signe) C. F. CAZEAU, ptre, Vic. Gen.

Copie conforme aux Régistres de l'Archev. de Québec, vol. 24, pp. 76-77.
B. PH. GARNEAU, ptre. Archiv.



                         No. 1122.                                   C

DIRECTIONS RESPECTING DISTRIBUTION OF GOVERNMENT GRANT TO MONTAGNAIS INDIANS.

Québec, 26 décembre 1851.
Rev. Père Durocher,
Grande Baie, Saguenay.

Mon Rév. Pére,
Le compte-rendu par le P. Arnauld de l'état de détresse des pauvres Montagnais du bord de la mer, et par vous transmis à Mr le Gr. Vicairo Cazeau, a eu l'effet que vous en attendiez. Le Gouvernement consent à avancer sur les mille livres courant allouées aux Sauvages la somme de £125 qui peut être employée immédiatement en provisions de bouche. Mr le Grand Vic. Cazeau écrit à ce sujet au bon Pere Arnauld par la malle d'aujourd'hui.

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Malheureusement à la saison où nous sommes, et on il va falloir prendre ces provisions soit dans les chantiers, soit dans les magasins de la Compagnie de la Baie d'Hudson, ces provisions vont couter bien cher; mais il faut Bien se résoudre à payer le prix qui sera demandé puisu'il n'y a pas à faire autrement.
*            *             *             *
Je fais d'avance à vous et à votre communauté mes souhaits de bonne et heureuse anneé et suis &c.
(Signe) P. F. Archev. de Québec.

Copie conforme aux Régistres de l'Archev. de Québec, vol. 24, p. 314.
B. PH. GARNEAU, ptre.




                         No. 1123.                                   C

C. F. CAZEAU, VICAR-GENERAL, TO LIEUT.—COL. BRUCE.

Québec, 26 décembre 1851.
Lt Colonel Bruce,
Surintendant du Départerm. des Sauvages.
Monsieur.
J'ai reçu l'honneur de votre lettre du 23 du courant, m'informant qu'il a plu à Son Excellence d'autoriser la distribution d'une somme de £125 en favour des sauvages Montagnais, et demandant que Mgr l'Archevêche veuille bien faire ses suggestions pour aider le Gouvernement à faire cette distribution.
Je suis chargé par Sa Grandeur de vous faire savoir que si Son Excellence le trouve convenable, elle se chargera volontiers de recommander au Père Arnauld, missionnaire des Montagnais, d'acheter à meilleurs composition possible les provisions et effets nécessaires a ces pauvres sauvages et d'en tenir compte au Gouvernement, pourvu qu'il ne dépasse pas dans cet achat la somme ci-dessus mentionnée. A cette epoque de l'année, il n'est pas possible de faire de semblables achats dans la localité qu'habitent les Montagnais en question, à moins de payer un haut prix; mais il est certain que le missionaire y mettra tout le discernement possible.
J'ai l'honneur d'être &c.

(Signe) C. F. CAZEAU, ptre, Vic. Genl.

Copie conforme aux Régistres de l'Archev. de Québec, vol. 24, pp. 314.
B. PH. GARNEAU, ptre. Archiv.

[1927lab]



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