The Labrador Boundary


Privy Council Documents


Volume VI
Contents




[April, 1737.]

Declaration du roi
portant annistie
pour les coureurs
de bois, Avril 1737.
Ins. Cons. Sup.
Reg. H. Fol. 20 Ro.

[28 Oct., 1744.]

Projet d'Etablissem.t
pour la Baye de
Kitchechatsou pour
accoutumer les Sauvages
qui ne conoissent
pas encore les
francois à traiter
avec eux.


p. 2746

jusqu'à jugement définitif pour en rendre compte à qui il est ordonné et généralement veiller à la conservation de tons et chacuns les droits du Domaine.
Toutes les parties concernant la conservation des droits du Domaine seront d'orenavant suivies immédiatement et par les ordres de l'Intendant.
En la même qualité de Directeur et Receveur Général, il estoit chargé de payer les dépenses assignées sur le Domaine par l'Etat du Roy et pour les frais de justice sur les ordonnances de l'Intendant et de payer aussi les appointemens de commis et gardes et frais ordinaires de bureau et en retirer quittances valables.
Aujourd'huy ce sera le Trésorier de la marine qui sera chargé de tous ces payemens suivant les ordres qui luy seront donnés par l'Intendant.
Les fonctions du Controlleur sont de tenir un controlle exact de toutes les recettes et dépenses faites pour la régie du Domaine, recevoir les declarations de l'arrivée et du depart des vaisseaux, expédier les congés d'embarquement et débarquement, les certificats de décharge des acquits à caution, et les états de chargement des navires conjointement avec le Directeur, et sous les ordres et en l'absence du Directeur de gérer pour luy les affaires du Domaine.
Les fonctions du visiteur sont de faire la vérification et visite de toutes les marchandises qui entrent en Canada et de celles qui en sortent et den tenir registre, ainsi qu'il a esté expliqué cy dessus, empêcher les fraudes des droits du Domaine, veiller à la conduite des capitaine, brigadier et Gardes de la Brigade, et dresser les procès verbaux de saisye des marchandises qui se trouvent en contravention.
Fait à Québec le Premier Septembre 1733.
HOCQUART



No. 1087.
C

ROYAL PROCLAMATION OF AMNESTY FOR COUREURS DE BOIS.


EDITS ET ORDONNANCES. VOL. 1. 1854.

Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre; à tous présens et à venir, salut.
Le feu roi notre très-honoré seigneur et bisaïeul aurait, par sa déclaration du vingt-un mai, mil six cent quatre-vingt-seize, défendu sous peine des galères à toutes sortes de personnes d'aller en traite avec les sauvages de la Nouvelle-France, dans la profondeur des terres; et cette défense eut pour motifs non seulement les débauches des Français qui alloient courir les bois

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et traiter indifféremment chez toutes les nations sauvages, mais encore le préjudice que la colonie de la Nouvelle-France souffroit de ces courses, tant par rapport à la culture des terres, que par rapport au commerce du castor; il voulut cependant bien, en différens tems, accorder à ceux qui y avoient contrevenu, des amnisties pour les mettre en état de revenir avec sureté dans la colonie ; et quoique ce parti de douceur n'eut pas eu le succès que l'on devait en attendre, nous voulûmes bien, à l'exemple du feu roi, accorder par notre edit du mois de mars, mil sept cent seize, une nouvelle amnistie à ceux de ces coureurs de bois qui dans un an reviendroient à leur domicile, en faisant défenses par le même edit à tous Francais de rester dans les bois avec les sauvages et d'y monter pour y aller faire la traite sous quelque prétexte, ni pour quelque cause que ce fût, à peine du fouet et des galères contre les contrevenans, nous avons été informé que plusieurs de ces coureurs de bois ont profité de cette amnistie ; mais il nous a été représenté qu'il y en a encore qui, touchés de leur faute, ne demandent qu'à pouvoir la réparer en revenant à leur domicile, c'est pour leur en procurer les moyens, que, sensible à leurs instances, nous voulons bien user encore de notre clémence envers eux.
A ces causes et autres à ce nous mouvans, de l'avis de notre conseil et de notre certaine science, pleine puissance et autorité royale, nous avons remis et remettons aux habitans de la Nouvelle-France qui ont été courir des bois et faire le commerce avec les nations sauvages sans congé ni permission, la peine du fouet et des galères portée par notre edit du mois de mars, mil sept cent seize, qu'ils ont encourue ; à la charge par eux de revenir dans leur domicile, dans le terme et delai d'un an, à compter du jour de l'enrégistrement des présentes, et de se présenter devant le gouverneur et lieutenant-général pour nous au dit pays ; voulons en conséquence qu'ils jouissent de la présente amnistie, sans qu'ils puissent à l'avenir être recherchés pour avoir contrevenu aux défenses portées par notre dit édit ; imposons sur ce silence perpetuel à nos procureurs-généraux, substituts et autres ; faisons très expresses inhibitions et défenses à tous Francais de rester, après le dit tems passé, dans les bois avec les sauvages, et d'y monter pour aller faire la traite sous quelque prétexte ni pour quelque cause que ce soit, à peine du fouet et des galères contre les contrevenans, ainsi qu'il est porté par notre dit édit du mois de mars, mil sept cent seize, lequel sera exécuté en ce qui n'y est dérogé par les présentes.
Si donnons en mandement à nos amés et féaux les gens tenant notre conseil supérieur à Québec, que ces présentes ils fassent lire, publier et régistrer, et le contenu en icelles garder et observer selon leur forme et teneur, nonobstant tous édits, déclarations, arrêts, ordonnances et autres choses à ce contraires, auxquels nous avons dérogé et dérogeons par ces présentes. Enjoignons au sieur marquis de Beauharnois, notre gouverneur et lieutenant-général en la Nouvelle-France, au sieur Hocquart, intendant au dit pays, et à tous autres nos officiers qu'il appartiendra, de tenir la main à l'exécution des présentes, et à tous autres nos sujets de s'y conformer; et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait apposer notre scel à ces dites présentes.

p. 2748

Donné à Versailles, au mois d'avril, l'an de grâce mil sept cent trentesep et de notre règne le vingt-deuxieme.
Signé:LOUIS.
Et plus has, Par le roi,
Signé:PHELYPEAUX,
Avec Paraphe.

Visa, Daguesseau, et scellées du grand sceau en cire verte sur lacs soie rouge et verte.

Les lettres patentes ci-devant et des autres parts transcrites, ont été régistrées, ouï et ce réquérant le procureur-général du roi, suivant l'arrêt de ce jour, par nous conseiller, secrétaire du roi, greffier en chef du dit conseil, soussigné, à Québec, le dix-neuvième août, mil sept cent trente-sept.

Signé:DAINE.

No. 1088.
C

MEMORIAL

OF THE LESSEE OF THE KING'S POSTS ON THE EFFECT OF THE ESTABLISHING OF A TRADING POST IN ESQUIMAUX BAY.


CAN. ARCH. C. 109, p. 287.
MÉMOIRE.

Le Sr Fornel négotiant de Québec avoit obtenu depuis deux ans la permission de faire un Etablissement de Pêche a loup marin dans la Baie del Kitchechatsou.
Le veritable but de son projet a Eté de former dans les profondeurs des Terres au dessus de cette Baie un Etablissement de Traitte ou il espéroit attirer les Sauvages qui commercent dans les postes Etablis sur la coste du nord du fleuve St Laurent. Et Encor plus ceux qui vont dans les postes du domaine. Et par la s'attribuer à l'Exclusive des fermiers du Domaine Et des Concessionnaires des postes de la Coste du nord la Traitte avec les Sauvages repandus dans cette partie du Canada.
Les Sauvages Montagnais divisés En plusieurs nations sous les nonis particuliers de Mistassins, chichertigaux, Papinachois, Nascapis &a habitués dans la profondeur des Terres du Domaine ne peuvent se rendre dans les Postes qui y ont Eté Etablis qu'avec beaucoup de difficultés. Les Rivieres

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qui peuvent les conduire des Lacs sur lesquels ils sont habitués aux postes francois et anglois sont d'une difficile navigation, pleines de sauts et de rapides qui les obligent a des portages presque continuels et tres longs. D'ailleurs il ne se trouve point dans ces Pais d'Ecorces propres a faire des canots. En sorte que ces Sauvages n'ont que les canots qu'ils peuvent avoir des francois et des anglois En petite quantite, Et que la pluspart sont obligés de faire presque tout le chemin a pied. ils auroient au contraire beaucoup de facilité a serendre a l'Etablissement que le Sr fornel se proposoit par la Riviere de Kitchechatsou aussi large et aussi profonde que le Saguenai pourvû qu'on leur portât des Ecorces pour faire les Canots qui leur seroient necessaires.
Ceux de ces Sauvages qui occupent toute L'Etendue de Pais depuis le lac des Naskapis Jusqu'au detroit de Bellisle tant du coste de la Baie d'hudson que du coste du fleuve St Laurent S'attachent Seulement a la chasse des animaux qui peuvent les nouvrir et ne tuent que le Caribou Et les ours blancs. Ils ne connoissent les francois et les anglois que par relation des autres Sauvages qui Traittent avec les uns et les autres ; lorsqu'ils tuent des martres et des Renards, qu'on assure y Etre abondans et plus beaux que ceux de Mingan et de toute la coste de labrador, Et dont ces Sauvages negligent la chasse, ils en consomment les Peaux a leur habillement Et a ceux de leurs Enfans.
Le S. Cugnet fermier des Traittes de Tadoussac a Eû ces Connoissances par le rapport de ses commis quil avoit chargés depuis plusieurs années de suite a sen instruire avec les Sauvages memes, Et par les informations qu'il en a prises de plusieurs voïageurs de la Coste du nord qui ont Eû occasion devior plusieurs fois les Sauvages des Terres on lui a même apporté une Carte de Toute l'Etenduë de ce Pals tracée par les Sauvages mêmes.
Le prejudice que l'Etablissement du S. fornel causeroit a l'Exploitation des Traittes du Domaine a determiné, Monseigneur, a Expliquer a Mrs. de Beauharnois et hocquart les Intentions de Sa Majesté Sur l'Entreprise du Sr. fornel, Les ordres qu'ils ont reçûs a cet Egard ne Sont point Encor connus.
Le Bien du Service de Sa Majesté Et l'augmentation de son domaine de Tadoussac En Canada sont des motifs suffisans de rendre compte a Monsiegneur, des avantages que la Baie de Kitchechatsou peut procurer et des moyens de s'assurer de la possibilité ou impossibilité du succès.
On peut former a quarante lieües dans la profondeur de la Baie de Kitchechatsou sur une riviere venant du Nordouest qui S'y decharge un Etablissement de Traitte qui deviendroit en quelques années avantageux parce que non seulement on attireroit les Sauvages accoutumés a Traitter avec les françois, mais que l'on parviendroit par la suite a accoutumer les Sauvages qui ne connoissent point Encor les marchandises francoises a Enfaire usage par ou on les Engageroit a faire plus de Pelleteries, Et a les menager mieux pour se procurer le secours de ces marchandises, on pourroit aussy y attirer les Sauvages qui vont a la Baie d'hudson parce qu'ils trouveroient la même facilité que les autres a venir a l'Etablissement de Kitchechatsou.
Cet etablissement se faisant a quarante lieües dans la profondeur des Terres seroit hors de portee des Eskimaux qui Se tiennent ordinairement a l'Entree de la Baie, Et ne remontent jamais dans la profondeur, ni ne vont

p. 2750

dans les bois par la crainte qu'ils ont des autres Sauvages avec lesquels ils sont toujours En Guerre.
Quatre ou cinq hommes suffiroient pour garder ce Poste et y faire la Traitte, il Seroit Seulement necessaire de les y transporter avec leurs vivres Et les marchandises de Traitte dans un bâtiment de Soixante Tonneaux an moins. Ce bâtiment serviroit tous les ans a apporter les Pelleteries de Traitte, Et porter les vivres Et les marchandises de l'Equipment.
Le Bâtiment Seroit obligé de passer devant les Endroits ou les Eskimaux Se tiemient; mais ils ne seroient point a craindre, pour vû que personne de l'Equipage n'y descende a terre, que Pon Evite avec Soin de les harceler, Et que l'on s'attache au contraire a leur donner toutes les démonstrations d'amitié qui pourront les rassurer, en se tenant cependant tres Exactement Sur Ses gardes, pourquoi ce batiment doit Etre armé de dix a douze hommes avec quatre Pierriers, les fusils et autres munitions Suffisantes pour leur defense en cas d'attaque.
Les Eskimaux paroissent naturellement plus ouverts et plus Gais que les Sauvages montagnais et Naskapis, mais l'Envie qu'ils ont de s'emparer impunement des Ustancils françois qu'ils sont curieux d'avoir les rend voleurs et Traitres il Est moralement certain que l'on les affranchiroit En leur fournissant les Ustancils Et les marchandises qu'ils souhaittent, et leur faisant Connoître qu'ils peuvent S'assurer de les avoir de bonne Volonté. On ne doute point de trouver dans la baie de Kitchechatsou des Endroits propres a la Pêche du loup marin, de la Baleine et de la Vache marine, il y a des isles vis a vis les deux pointes qui en forment l'Entrée. Le batiment En feroit la decouverte en allant a L'Etablissement de la Traitte Et a son retour. Lors-qu'on aura un endroit certain pour un Etablissement de Peche, il sera necessaire d'y construire un fort a l'Epreüve des Surprises des Eskimaux, Garny do six pierriers, armes et munitions avec vint hommes pour le Garder commandés par un maître Sage Et habile, Capable d'empecher Son monde de s'Exposer Indiscretement aux attaques Imprevües des Eskimaux En S'Ecartant soit pour la chasse ou la pêche, Et de prevenir en même tems toutes les insultes que l'on pourroit faire imprudemment a ces Sauvages, les recevant au contraire humainement lorsqu'ils se presenteroient pour demander ce quils voudroient avoir. Par ce moïen on les affranchiroit seurement En quelques années au point de S'en Servir utilement pour les pêches. Les nommés Augustin Raby et Charles Le Cour navigateurs canadiens les ont vûs plusieurs fois, ont Eté plus d'une Journée de suite au milieu d'Eux, et ont traitté avec Eux amiablement. Ces Sauvages les Connoissent et paroissent flattés de les Entendre nommer l'On ou L'autre.
En reunissant au Domaine du Roi Et a la Traitte de Tadoussac La Baie de Kitchechatsou Et les Rivieres qui S'y dechargent, les Etablissemens de Traitte que l'on pourroit y faire ne porteroient aucun prejudice a la Traitte de Tadoussac des qu'ils en feroient partie.
Le Succès de l'Etablissement de Traitte dans la profondeur de la Baie peu Etre regardé presque comme indubitable. La réussite de ceux de Pêche est tres vraisemblable. Les uns et les autres par conséquent Sont un moïen



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